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Poivron

Poivron

Poivron

Capsicum annuum L.
Mis à jour le 04/05/2026

Le poivron (Capsicum annuum L.) est une culture tropicale exigeante, produisant des fruits riches en vitamines. Cette fiche détaille sa culture et la gestion agroécologique des ravageurs et maladies en Nouvelle-Calédonie.

  • Identité

    Nom scientifique
    Capsicum annuum L.
    Famille
    Solanacées
    Statut Biogéographique
    Plante introduite cultivée
    Origine géographique
    Amérique centrale et du Sud
    Distribution géographique
    Zones tropicales et tempérées chaudes
    Noms Kanak
    --
    Autres noms communs
    --
  • Description

    Type de plante
    Herbacée
    Feuillage
    Caduque
    Durée de vie
    Annuelle
    Hauteur à maturité
    Entre 50 cm à 2 m
    Largeur à maturité
    Entre 50 cm et 2 m
    Système racinaire
    Développé
  • Conduite culturale

    Multiplication
    Semis
    Où planter ?
    Serre
    Pleine terre
    Type de sol
    Sol drainant
    Tous types
    Humifère
    Densité
    2 à 3 plants /m2
    Productivité
    Moyenne à élevée
    Pollinisation
    Autopollinisation
    Croissance
    Modérée
    Entretien / Soins
    Modéré
    Exposition au soleil
    Soleil
    Besoin en eau
     
     
     
     
     
    Résistance à la sécheresse
     
     
     
     
     
  • Santé

    Résistance aux ravageurs
     
     
     
     
     
    Résistance aux maladies
     
     
     
     
     
    Principaux ravageurs
    Pucerons
    Trips
    Principales maladies
    Oïdium
    Anthracnose
  • Usage & vertus

    Alimentation
    Cuisiné
    Produit frais
    Vertus
    Antioxydants
    Riche en vitamine C
    Autre usage
    Médecine naturelle
  • Saisonnalité

    Floraison
    Jan
    Fév
    Mar
    Avr
    Mai
    Juin
    Juil
    A
    Sep
    Oct
    Nov
    Déc
    Fruits
    Jan
    Fév
    Mar
    Avr
    Mai
    Juin
    Juil
    A
    Sep
    Oct
    Nov
    Déc
    Taille
    Jan
    Fév
    Mar
    Avr
    Mai
    Juin
    Juil
    A
    Sep
    Oct
    Nov
    Déc

Généralités et origine

Le poivron (Capsicum annuum L.) est une plante potagère de la famille des Solanacées, comme la tomate ou l’aubergine. Le terme « poivron » désigne à la fois la plante et son fruit, consommé comme un légume.

C’est une plante herbacée vivace dans son milieu d’origine, mais généralement cultivée comme annuelle en maraîchage.

Le poivron appartient à la même espèce que le piment (Capsicum annuum), dont il se distingue par la taille plus importante de ses fruits et l’absence de capsaïcine, la molécule responsable de la sensation piquante (Birlouez, 2023). Le poivron est issu de sélections réalisées en Europe à partir de formes de piments doux. Appelé « piment doux » dans de nombreuses régions du monde, le terme « poivron », dérivé du mot « poivre », apparaît dans la langue écrite française à la fin du XVIIIe siècle (Birlouez, 2023).

Originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le poivron a été domestiqué il y a plusieurs millénaires, probablement dans la région du Mexique, avant d’être diffusé dans le monde après les grandes explorations du XVe siècle (Birlouez, 2023). Il est aujourd’hui cultivé dans la plupart des régions tropicales et tempérées chaudes.

Le poivron vert correspond à un fruit récolté à un stade immature, avant le changement de couleur. Les formes sont très variables selon les variétés : allongées, courtes, carrées ou coniques.

La production mondiale de piment et de poivron s’élève à près de 45 millions de tonnes, avec une forte dominance de l’Asie, notamment la Chine et l’Inde (FAOSTAT, 2024). En France, la production atteint environ 25 950 tonnes, principalement concentrée dans le sud du pays (Agreste, 2024).

En Nouvelle-Calédonie, le poivron est une culture maraîchère courante, réalisée en plein champ ou sous abri. Il présente un intérêt pour la diversification des exploitations, mais reste exigeant en conditions climatiques et en conduite technique, notamment en agriculture biologique.

Usages et intérêts

Qualités nutritionnelles

Le poivron est un légume peu calorique, riche en eau (environ 90 %) et en micronutriments.

Il se distingue par une teneur élevée en vitamine C, souvent supérieure à celle de certains agrumes (31 g/100g pour le pomelo), en particulier lorsqu’il est consommé cru. Il apporte également des fibres, de la vitamine A (sous forme de caroténoïdes), des vitamines du groupe B et E, ainsi que des minéraux comme le potassium.

Les poivrons rouges, plus mûrs, sont généralement plus riches en sucres et en antioxydants que les poivrons verts, récoltés plus tôt.

Valeur nutritive du poivron vert, jeune ou rouge, cru, pour 100 g de portion comestible crue (Source : Ciqual anses et Meenakshi & Prashant, 2021) :

Énergie 22,6 kcal
Eau 92.1 g
Protéines 0,8 g
Lipides 0,27 g
Glucides 3,5 g
Sucres 1,5 g
Fibres 1,5 g
Cendres 0,58 g
Calcium 7,7 mg
Magnésium 11,9 mg
Fer 0,4 mg
Potassium 155 mg
Phosphore 22,5 mg
Sodium 8,4 mg
Zinc 0,13 mg
Cuivre < 0,1 mg
Manganèse 0,1 mg
Vitamine A 70,5 µg
ß-carotène 834 µg
Vitamine B3 (niacine) 0,74 mg
Vitamine B5 (acide pantothénique)  0,12 mg
Vitamine B6 0,38 mg
Vitamines C 121 mg
Vitamine E 1,44 mg

Usages et intérêts

Usages culinaires

Le poivron est largement utilisé en cuisine, cru ou cuit, pour ses qualités gustatives et sa diversité de couleurs (vert, rouge, jaune, orange). Il peut être consommé :

  • cru, en salade ou en crudités ;
  • cuit, sauté, grillé, farci ou mijoté ;
  • transformé en sauces, coulis ou condiments.

En Nouvelle-Calédonie, il est fréquemment intégré dans les plats du quotidien, notamment dans les poêlées de légumes, les plats mijotés ou les préparations à base de viande et de poisson.

Vertus médicinales

Le poivron est reconnu pour ses propriétés antioxydantes liées à sa richesse en vitamine C et en caroténoïdes. Ces composés participent au bon fonctionnement du système immunitaire et contribuent à limiter le vieillissement cellulaire.

Contrairement au piment, il ne contient pas ou très peu de capsaïcine, ce qui le rend bien toléré par la majorité des consommateurs.

Substances naturelles remarquables

Le poivron contient une forte concentration de vitamine C.

En 1933, le médecin et chercheur hongrois Albert Szent-Györgyi, utilisa le poivron pour extraire cette vitamine pour la première fois. Il lui fallut plus de deux tonnes de fruits pour obtenir environ 500 g d'une poudre  cristallisée, qu'il nomma acide ascorbique (en référence au scorbut). Il reçut le prix Nobel de physiologie et médecine en 1937 pour ses travaux sur la vitamine C et les flavonoïdes (Birlouez 2023, Wikipedia). 

Les fruits mûrs sont également riches en pigments, notamment des caroténoïdes et des xanthophylles, dont la capsanthine et la capsorubine, responsables de la coloration rouge et dotés d'une activité antioxydante (PROTA, 2004).

La composition varie selon le stade de maturité et la variété (poivron vert, rouge, jaune).

Autres usages

  • Agronomiques :Le poivron est une culture de diversification intéressante en maraîchage, notamment en agriculture biologique. Il peut être intégré dans les rotations pour limiter la pression des ravageurs et maladies, à condition d’éviter les successions avec d’autres Solanacées (tomate, aubergine, pomme de terre) (Projet Integre, 2023).
  • Semences et diversité locale : Le développement de semences locales adaptées aux conditions de Nouvelle-Calédonie constitue un levier pour améliorer la résilience des cultures (Utard et al., 2023).

Description de la plante

Le poivron est une plante vivace dans son milieu d'origine, cultivée comme annuelle en maraîchage (PROTA, 2004).

Allure générale

  • Plante herbacée à sous-arbrisseau
  • Port dressé à semi-étalé
  • Généralement 0,5 à 1,5 m de hauteur. Peut atteindre jusqu'à 2,5 m de hauteur dans de bonnes conditions.
  • Système racinaire pivotant, bien développé, avec de nombreuses racines latérales
  • Tige anguleuse, souvent munie de poils

Feuilles

  • Feuilles simples et alternes
  • Forme ovale à lancéolée, à limbe lisse et extrémité pointue
  • Longueur 5 à 15 cm 
  • Couleur est vert clair à vert foncé selon les variétés
  • Feuillage relativement dense

Fleurs

  • Apparaissent à l’aisselle des feuilles
  • Solitaires ou en petits groupes, généralement pendantes
  • Petites fleurs blanches à verdâtres, de 1 à 2 cm de diamètre.
  • Corolle campanulée à rotacée 
  • Fleurs bisexuée, majoritairement autofécondes

Fruits

  • Grosse baie charnue, creuse
  • Forme et taille très variables selon les variétés (carré, allongé, conique)
  • Peuvent atteindre 30 cm de long et 3 à 12 cm cm de diamètre
  • Poids entre 100 et 300 g 
  • Couleur verte au stade immature, évoluant vers le rouge, le jaune, l'orange ou plus rarement le violet à maturité. 
  • Chair épaisse, croquante et juteuse, à saveur douce à sucrée

Graines

  • Nombreuses graines fixées sur un placenta central, à l’intérieur de la cavité du fruit
  • Graines petites, plates, arrondies, de couleur blanc crème à jaune pâle
  • Bon pouvoir germinatif

 

Saisonnalité

En culture sous abri, le poivron peut être cultivé toute l’année.

En plein champ, il est recommandé d’éviter les plantations pendant la saison des pluies (janvier à mars), en raison des risques accrus de maladies et de difficultés de conduite.

Calendrier de semis et de culture 

  • Semis : toute l’année, avec une période optimale de mars à juillet

  • Germination : 1 à 3 semaines après le semis

  • Plantation : 4 à 6 semaines après le semis, de préférence en saison fraîche (avril à octobre)

  • Floraison : 2 à 3 mois après le semis, généralement d’avril à septembre

  • Récolte des fruits : environ 3 mois après la plantation, de mai à décembre

  • Récolte des graines : septembre à octobre

 

La récolte peut s’étaler sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, car la plante produit de manière continue si les conditions restent favorables (Utard et al., 2023 ; Projet INTEGRE, 2018).

 

Variétés et cultivars

Le poivron (Capsicum annuum L.) présente une grande diversité de formes, de couleurs et de types, liée à la sélection variétale. Le choix des variétés est un facteur déterminant pour la réussite de la culture, notamment en fonction des conditions climatiques et des systèmes de production.

Types de poivrons

On distingue plusieurs grands types de poivrons selon la forme du fruit :

  • poivrons carrés ou “bloc” : fruits courts et épais, à 3 ou 4 lobes, très utilisés en maraîchage et en grande distribution ;
  • poivrons allongés : fruits plus longs et coniques, souvent plus rustiques ;
  • poivrons aplatis ou “tomate” : fruits arrondis et aplatis, parfois appelés piments doux.

Les fruits évoluent généralement du vert (stade immature) vers des couleurs variées à maturité : rouge, jaune, orange, voire violet selon les variétés.

Variétés cultivées

En Nouvelle-Calédonie, les variétés cultivées sont majoritairement des hybrides sélectionnés pour :

  • leur rendement ;
  • la qualité des fruits (forme, calibre, couleur) ;
  • leur tolérance à certaines maladies.

Les variétés à fruits rouges sont les plus courantes, mais les poivrons jaunes et orange sont également cultivés pour diversifier l’offre.

Rendements

En Nouvelle-Calédonie, 

Production en Nouvelle-Calédonie

En Nouvelle-Calédonie, l

Exigences environnementales

Le poivron (Capsicum annuum L.) est une plante exigeante, dont le développement et la production dépendent fortement des conditions climatiques et du sol. Une bonne maîtrise de ces facteurs est essentielle pour obtenir des rendements réguliers, notamment en agriculture biologique.

Climat

Le poivron est une plante de climat chaud, adaptée aux zones tropicales et subtropicales. Il nécessite des conditions relativement stables pour assurer une croissance régulière et une bonne fructification.

En Nouvelle-Calédonie, la culture est possible toute l’année, mais les meilleures performances sont généralement observées en saison fraîche, lorsque les conditions sont moins contraignantes (Projet Integre, 2023).

Températures

Le poivron est particulièrement sensible aux variations de température :

  • température optimale de croissance : 20 à 30 °C ;
  • ralentissement de la croissance : en dessous de 15 °C ;
  • stress thermique : au-dessus de 32–35 °C.

Des températures trop basses ou trop élevées peuvent entraîner :

  • chute des fleurs ;
  • mauvaise nouaison ;
  • déformation des fruits.

Les écarts importants entre températures jour/nuit peuvent également affecter la production (Messiaen, 1974 ; Cirad et al., 2023).

Lumière

Le poivron a des besoins élevés en lumière pour assurer une bonne photosynthèse et une production de fruits de qualité.

Une bonne exposition favorise :

  • la floraison ;
  • la coloration des fruits ;
  • l’accumulation de sucres.

Un excès d’ombre peut entraîner un allongement des plants et une baisse de rendement.

Eau

Le poivron est sensible au stress hydrique, en particulier pendant la floraison et la formation des fruits.

Les besoins en eau sont réguliers et modérés :

  • éviter les alternances de sécheresse et d’excès d’eau ;
  • privilégier des apports fréquents et maîtrisés.

Un déficit hydrique peut provoquer la chute des fleurs ou des fruits, tandis qu’un excès d’eau favorise les maladies racinaires (Projet Integre, 2023).

Sol

Le poivron préfère des sols :

  • profonds et bien drainés ;
  • riches en matière organique ;
  • légers à moyennement argileux (texture équilibrée).

Les sols trop compacts ou mal drainés sont défavorables, car ils favorisent l’asphyxie des racines et le développement de maladies.

Le pH optimal se situe entre 6 et 7. Une bonne structure du sol est essentielle pour assurer un enracinement profond et une bonne disponibilité en eau et en nutriments (Cirad et al., 2023).

Conduite de culture

Pour les principes généraux de conduite en maraîchage biologique (préparation du sol, gestion des adventices, rotations, etc.), se référer à la fiche Installation des cultures maraîchères (agriculture biologique).

Semis

  • Période de semis : toute l’année, avec une période optimale de mars à août en Nouvelle-Calédonie (Semences paysannes NC, s.d. ; Projet Integre, 2023).
  • Mode de semis : en pépinière (godets, plaques alvéolées).
  • Levée : en 7 à 15 jours selon les conditions de température.
  • Durée en pépinière : 4 à 6 semaines.
  • Stade de repiquage : plants de 4 à 6 feuilles vraies, vigoureux et bien enracinés.

Le poivron présente une croissance lente au stade jeune : des conditions chaudes et une bonne gestion de l’arrosage sont essentielles pour obtenir des plants de qualité.

Travail du sol

Le sol doit être bien préparé pour favoriser l’enracinement :

  • ameublissement en profondeur ;
  • apport de matière organique bien décomposée ;
  • mise en place de planches ou buttes en cas de sols lourds ou hydromorphes.

Un bon drainage est indispensable pour limiter les risques de maladies racinaires.

Plantation

  • Période de plantation : toute l’année, avec de meilleures conditions en saison fraîche.
  • Densité : généralement de 2 à 3 plants/m² selon les variétés et le système de culture.
  • Disposition : plantation en lignes ou en quinconce.
  • Espacement indicatif : 40 à 60 cm sur le rang et 60 à 80 cm entre rangs.

Les plants doivent être installés sans enterrer le collet, dans un sol suffisamment réchauffé.

Fertilisation

Le poivron est une culture exigeante en éléments nutritifs, notamment :

  • en azote (croissance végétative) ;
  • en potassium (floraison et qualité des fruits).

En agriculture biologique, privilégier :

  • les apports de compost ou fumier bien décomposé avant plantation ;
  • des compléments en cours de culture (engrais organiques, extraits fermentés).

Un excès d’azote peut favoriser le développement du feuillage au détriment de la production de fruits.

Paillage

Le paillage est fortement recommandé :

  • limitation de la concurrence des adventices ;
  • maintien de l’humidité du sol ;
  • protection des fruits contre le contact avec le sol.

Il peut être organique (paille, résidus végétaux) ou plastique selon les systèmes de culture.

Irrigation

L’irrigation doit être régulière et maîtrisée :

  • éviter les stress hydriques, en particulier à la floraison et à la fructification ;
  • privilégier des apports fréquents et modérés.

Les variations importantes d’humidité peuvent entraîner :

  • chute des fleurs ;
  • déformation des fruits ;
  • troubles physiologiques.

Tuteurage

Le tuteurage est recommandé, en particulier pour les variétés à fruits volumineux :

  • maintien des plants ;
  • limitation de la casse des branches ;
  • amélioration de l’aération du feuillage.

Il peut être réalisé à l’aide de tuteurs individuels ou de fils de palissage.

Entretien de la culture

Désherbage

Le poivron est sensible à la concurrence des adventices, notamment en début de culture en raison de sa croissance lente.

  • intervenir précocement après plantation ;
  • privilégier le désherbage manuel ou mécanique ;
  • associer au paillage pour limiter les levées.

Taille et conduite des plants

La taille du poivron n’est pas toujours indispensable, mais elle peut améliorer la production dans certains systèmes (notamment sous abri).

  • suppression éventuelle des gourmands ou des tiges secondaires pour aérer la plante ;
  • limitation du nombre de tiges principales selon les objectifs de production ;
  • élimination des feuilles abîmées ou malades.

Une conduite aérée permet de réduire l’humidité au niveau du feuillage et de limiter les maladies.

Gestion de la floraison et de la fructification

Le poivron est sensible aux stress (hydrique, thermique), qui peuvent entraîner la chute des fleurs ou une mauvaise nouaison.

  • maintenir des conditions de culture stables (eau, température) ;
  • éviter les excès d’azote ;
  • favoriser une bonne pollinisation (aération, activité des insectes en plein champ).

Surveillance sanitaire

Une observation régulière des plants est essentielle pour détecter rapidement :

  • les ravageurs (pucerons, thrips, acariens, etc.) ;
  • les maladies (taches foliaires, flétrissements, pourritures).

Des interventions précoces permettent de limiter les dégâts, en particulier en agriculture biologique.

Renouvellement des plants

La production du poivron peut s’étaler sur plusieurs mois, mais elle tend à diminuer avec le temps.

Selon les conditions de culture et les objectifs de production, il peut être pertinent de renouveler les plantations pour maintenir un niveau de rendement satisfaisant.

Récolte

La récolte du poivron intervient généralement 2 à 3 mois après la plantation, selon les conditions de culture et les variétés (Projet Integre, 2023 ; Cirad et al., 2023).

Les fruits peuvent être récoltés à deux stades :

  • stade immature (vert) : fruits fermes, moins sucrés, mais plus résistants au transport ;
  • stade mûr (rouge, jaune, orange) : fruits plus sucrés, plus riches en vitamines, mais plus fragiles.

La récolte est réalisée manuellement, à l’aide d’un couteau ou d’un sécateur, en conservant une partie du pédoncule pour améliorer la conservation.

Elle doit être effectuée régulièrement (tous les 2 à 3 jours) afin de stimuler la production de nouveaux fruits et d’éviter le surmûrissement.

Conservation et transformation

Conservation

Le poivron est un légume relativement fragile, sensible aux chocs et à la déshydratation.

  • Température optimale de conservation : 7 à 10 °C ;
  • Humidité relative : élevée (85–90 %) pour limiter le dessèchement.

À température ambiante, la conservation est limitée à quelques jours. En conditions réfrigérées, les fruits peuvent se conserver 1 à 2 semaines, selon leur stade de maturité.

Les poivrons récoltés à maturité complète sont plus sensibles aux manipulations et se conservent moins longtemps.

Le poivron se prête à de nombreuses formes de transformation, permettant de valoriser les surplus de production :

  • congélation : après lavage et découpe, adaptée à un usage culinaire ultérieur ;
  • séchage : pour la production de poivrons séchés ou de poudre (type paprika) ;
  • conserves : en bocaux (au naturel, grillés, marinés) ;
  • préparations culinaires : sauces, coulis, condiments.

Ces transformations permettent d’allonger la durée de conservation et de diversifier les débouchés.

Principales maladies et moyens de lutte agroécologiques

Le poivron est une culture sensible aux ravageurs et aux maladies, en particulier en conditions chaudes et humides. Une approche préventive, basée sur l’observation régulière et des pratiques agroécologiques, est essentielle pour limiter les pertes.

Principales maladies

  • Maladies fongiques (champignons)

    • Oïdium : feutrage blanc sur les feuilles ;
    • Anthracnose : taches sur fruits ;
    • Phytophthora : pourriture du collet et des racines.

    Lutte :

    • bonne aération des cultures ;
    • rotation des cultures ;
    • sols bien drainés ;
    • traitements préventifs (soufre, extraits végétaux).
  • Maladies bactériennes

    • Taches bactériennes (Xanthomonas spp.) : lésions sur feuilles et fruits.

    Lutte :

    • utilisation de semences saines ;
    • éviter l’irrigation par aspersion ;
    • élimination des plants atteints.
  • Maladies virales
    (ex. virus de la mosaïque, virus transmis par pucerons ou thrips)
    Symptômes : mosaïques, déformations, ralentissement de la croissance.

    Lutte :

    • prévention (pas de traitement curatif) ;
    • contrôle des insectes vecteurs ;
    • élimination rapide des plants infectés.

Principaux ravageurs

  • Pucerons (Aphididae)
    Provoquent des déformations des feuilles et transmettent des virus.
    Lutte agroécologique : favoriser les auxiliaires (coccinelles, syrphes), pulvérisations de savon noir ou d’extraits végétaux.
  • Thrips (Thysanoptera)
    Responsables de décolorations, déformations des feuilles et transmission de virus.
    Lutte : pièges englués, filets anti-insectes, introduction d’auxiliaires.
  • Acariens (tétranyques)
    Provoquent un jaunissement puis un dessèchement du feuillage en conditions sèches.
    Lutte : maintien d’une humidité suffisante, introduction d’acariens prédateurs.
  • Mouches blanches (aleurodes)
    Affaiblissent les plantes et favorisent le développement de fumagine.
    Lutte : pièges jaunes, auxiliaires, limitation des excès d’azote.
  • Chenilles (noctuelles)
    Attaquent feuilles et fruits.
    Lutte : ramassage manuel, biopesticides à base de Bacillus thuringiensis.

Principes de lutte agroécologique

La gestion sanitaire repose sur une approche globale :

  • prévention : rotations culturales, choix de variétés tolérantes, semences saines ;
  • conditions de culture maîtrisées : aération, irrigation adaptée, fertilisation équilibrée ;
  • biodiversité fonctionnelle : favoriser les auxiliaires naturels ;
  • surveillance régulière : détection précoce des problèmes ;
  • interventions raisonnées : produits autorisés en agriculture biologique si nécessaire.

Référent / Contact

Estelle VIDAL
Communication scientifique
Lincks
Mis à jour le 06/05/2026
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