Poivron
Poivron
Le poivron (Capsicum annuum L.) est une culture tropicale exigeante, produisant des fruits riches en vitamines. Cette fiche détaille sa culture et la gestion agroécologique des ravageurs et maladies en Nouvelle-Calédonie.
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Identité
Nom scientifiqueCapsicum annuum L.FamilleSolanacéesStatut BiogéographiquePlante introduite cultivéeOrigine géographiqueAmérique centrale et du SudDistribution géographiqueZones tropicales et tempérées chaudesNoms Kanak--Autres noms communs--
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Description
Type de planteHerbacéeFeuillageCaduqueDurée de vieAnnuelleHauteur à maturitéEntre 50 cm à 2 mLargeur à maturitéEntre 50 cm et 2 mSystème racinaireDéveloppé
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Conduite culturale
MultiplicationSemisOù planter ?SerrePleine terreType de solSol drainantTous typesHumifèreDensité2 à 3 plants /m2ProductivitéMoyenne à élevéePollinisationAutopollinisationCroissanceModéréeEntretien / SoinsModéréExposition au soleilSoleilBesoin en eauRésistance à la sécheresse
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Santé
Résistance aux ravageursRésistance aux maladiesPrincipaux ravageursPuceronsTripsPrincipales maladiesOïdiumAnthracnose
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Usage & vertus
AlimentationCuisinéProduit fraisVertusAntioxydantsRiche en vitamine CAutre usageMédecine naturelle
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Saisonnalité
FloraisonFruitsTaille
Généralités et origine
Le poivron (Capsicum annuum L.) est une plante potagère de la famille des Solanacées, comme la tomate ou l’aubergine. Le terme « poivron » désigne à la fois la plante et son fruit, consommé comme un légume.
C’est une plante herbacée vivace dans son milieu d’origine, mais généralement cultivée comme annuelle en maraîchage.
Le poivron appartient à la même espèce que le piment (Capsicum annuum), dont il se distingue par la taille plus importante de ses fruits et l’absence de capsaïcine, la molécule responsable de la sensation piquante (Birlouez, 2023). Le poivron est issu de sélections réalisées en Europe à partir de formes de piments doux. Appelé « piment doux » dans de nombreuses régions du monde, le terme « poivron », dérivé du mot « poivre », apparaît dans la langue écrite française à la fin du XVIIIe siècle (Birlouez, 2023).
Originaire d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, le poivron a été domestiqué il y a plusieurs millénaires, probablement dans la région du Mexique, avant d’être diffusé dans le monde après les grandes explorations du XVe siècle (Birlouez, 2023). Il est aujourd’hui cultivé dans la plupart des régions tropicales et tempérées chaudes.
Le poivron vert correspond à un fruit récolté à un stade immature, avant le changement de couleur. Les formes sont très variables selon les variétés : allongées, courtes, carrées ou coniques.
La production mondiale de piment et de poivron s’élève à près de 45 millions de tonnes, avec une forte dominance de l’Asie, notamment la Chine et l’Inde (FAOSTAT, 2024). En France, la production atteint environ 25 950 tonnes, principalement concentrée dans le sud du pays (Agreste, 2024).
En Nouvelle-Calédonie, le poivron est une culture maraîchère courante, réalisée en plein champ ou sous abri. Il présente un intérêt pour la diversification des exploitations, mais reste exigeant en conditions climatiques et en conduite technique, notamment en agriculture biologique.
Usages et intérêts
Qualités nutritionnelles
Le poivron est un légume peu calorique, riche en eau (environ 90 %) et en micronutriments.
Il se distingue par une teneur élevée en vitamine C, souvent supérieure à celle de certains agrumes (31 g/100g pour le pomelo), en particulier lorsqu’il est consommé cru. Il apporte également des fibres, de la vitamine A (sous forme de caroténoïdes), des vitamines du groupe B et E, ainsi que des minéraux comme le potassium.
Les poivrons rouges, plus mûrs, sont généralement plus riches en sucres et en antioxydants que les poivrons verts, récoltés plus tôt.
Valeur nutritive du poivron vert, jeune ou rouge, cru, pour 100 g de portion comestible crue (Source : Ciqual anses et Meenakshi & Prashant, 2021) :
| Énergie | 22,6 kcal |
| Eau | 92.1 g |
| Protéines | 0,8 g |
| Lipides | 0,27 g |
| Glucides | 3,5 g |
| Sucres | 1,5 g |
| Fibres | 1,5 g |
| Cendres | 0,58 g |
| Calcium | 7,7 mg |
| Magnésium | 11,9 mg |
| Fer | 0,4 mg |
| Potassium | 155 mg |
| Phosphore | 22,5 mg |
| Sodium | 8,4 mg |
| Zinc | 0,13 mg |
| Cuivre | < 0,1 mg |
| Manganèse | 0,1 mg |
| Vitamine A | 70,5 µg |
| ß-carotène | 834 µg |
| Vitamine B3 (niacine) | 0,74 mg |
| Vitamine B5 (acide pantothénique) | 0,12 mg |
| Vitamine B6 | 0,38 mg |
| Vitamines C | 121 mg |
| Vitamine E | 1,44 mg |
Usages et intérêts
Usages culinaires
Le poivron est largement utilisé en cuisine, cru ou cuit, pour ses qualités gustatives et sa diversité de couleurs (vert, rouge, jaune, orange). Il peut être consommé :
- cru, en salade ou en crudités ;
- cuit, sauté, grillé, farci ou mijoté ;
- transformé en sauces, coulis ou condiments.
En Nouvelle-Calédonie, il est fréquemment intégré dans les plats du quotidien, notamment dans les poêlées de légumes, les plats mijotés ou les préparations à base de viande et de poisson.
Vertus médicinales
Le poivron est reconnu pour ses propriétés antioxydantes liées à sa richesse en vitamine C et en caroténoïdes. Ces composés participent au bon fonctionnement du système immunitaire et contribuent à limiter le vieillissement cellulaire.
Contrairement au piment, il ne contient pas ou très peu de capsaïcine, ce qui le rend bien toléré par la majorité des consommateurs.
Substances naturelles remarquables
Le poivron contient une forte concentration de vitamine C.
En 1933, le médecin et chercheur hongrois Albert Szent-Györgyi, utilisa le poivron pour extraire cette vitamine pour la première fois. Il lui fallut plus de deux tonnes de fruits pour obtenir environ 500 g d'une poudre cristallisée, qu'il nomma acide ascorbique (en référence au scorbut). Il reçut le prix Nobel de physiologie et médecine en 1937 pour ses travaux sur la vitamine C et les flavonoïdes (Birlouez 2023, Wikipedia).
Les fruits mûrs sont également riches en pigments, notamment des caroténoïdes et des xanthophylles, dont la capsanthine et la capsorubine, responsables de la coloration rouge et dotés d'une activité antioxydante (PROTA, 2004).
La composition varie selon le stade de maturité et la variété (poivron vert, rouge, jaune).
Autres usages
- Agronomiques :Le poivron est une culture de diversification intéressante en maraîchage, notamment en agriculture biologique. Il peut être intégré dans les rotations pour limiter la pression des ravageurs et maladies, à condition d’éviter les successions avec d’autres Solanacées (tomate, aubergine, pomme de terre) (Projet Integre, 2023).
- Semences et diversité locale : Le développement de semences locales adaptées aux conditions de Nouvelle-Calédonie constitue un levier pour améliorer la résilience des cultures (Utard et al., 2023).
Description de la plante
Le poivron est une plante vivace dans son milieu d'origine, cultivée comme annuelle en maraîchage (PROTA, 2004).
Allure générale
- Plante herbacée à sous-arbrisseau
- Port dressé à semi-étalé
- Généralement 0,5 à 1,5 m de hauteur. Peut atteindre jusqu'à 2,5 m de hauteur dans de bonnes conditions.
- Système racinaire pivotant, bien développé, avec de nombreuses racines latérales
- Tige anguleuse, souvent munie de poils
Feuilles
- Feuilles simples et alternes
- Forme ovale à lancéolée, à limbe lisse et extrémité pointue
- Longueur 5 à 15 cm
- Couleur est vert clair à vert foncé selon les variétés
- Feuillage relativement dense
Fleurs
- Apparaissent à l’aisselle des feuilles
- Solitaires ou en petits groupes, généralement pendantes
- Petites fleurs blanches à verdâtres, de 1 à 2 cm de diamètre.
- Corolle campanulée à rotacée
- Fleurs bisexuée, majoritairement autofécondes
Fruits
- Grosse baie charnue, creuse
- Forme et taille très variables selon les variétés (carré, allongé, conique)
- Peuvent atteindre 30 cm de long et 3 à 12 cm cm de diamètre
- Poids entre 100 et 300 g
- Couleur verte au stade immature, évoluant vers le rouge, le jaune, l'orange ou plus rarement le violet à maturité.
- Chair épaisse, croquante et juteuse, à saveur douce à sucrée
Graines
- Nombreuses graines fixées sur un placenta central, à l’intérieur de la cavité du fruit
- Graines petites, plates, arrondies, de couleur blanc crème à jaune pâle
- Bon pouvoir germinatif
Saisonnalité
En culture sous abri, le poivron peut être cultivé toute l’année.
En plein champ, il est recommandé d’éviter les plantations pendant la saison des pluies (janvier à mars), en raison des risques accrus de maladies et de difficultés de conduite. Le poivron est donc plutôt une culture de saison fraîche.
Cycle de culture
- Germination (levée) : 1 à 3 semaines après le semis
- Repiquage en godets : 2 à 3 semaines après le semis
- Élevage en pépinière : environ 1,5 mois
- Plantation : 1,5 à 2 mois après le semis
- Croissance en place : environ 2 mois
- Début de la récolte : 2 à 3 mois après la plantation
Calendrier optimal de culture
- Janvier à avril : préparation du sol
- Mars à juillet : semis, production des plants en pépinière
- Mai à octobre : plantation
- Juin à novembre : floraison ( environ1 mois après la plantation)
- Juillet à décembre : récolte des fruits
- Septembre à octobre : récolte des graines
Organisation des cultures
Pour assurer une production continue, il est recommandé d’échelonner les semis :
- semer une nouvelle série de plants tous les 1 à 2 mois ;
- ajuster le rythme en fonction des conditions climatiques et des débouchés.
Exemple :
- mi-février : semis de la série 1
- mai : début de la récolte de la série 1
- début mai : semis de la série 2
- juillet : début de la récolte de la série 2
La récolte peut s’étaler sur plusieurs mois, car la plante produit de manière continue si les conditions restent favorables (Utard et al., 2023 ; Projet INTEGRE, 2018).
Variétés et cultivars
Le poivron (Capsicum annuum L.) présente une grande diversité de formes, de couleurs et de types, liée à la sélection variétale. Le choix des variétés est un facteur déterminant pour la réussite de la culture, notamment en fonction des conditions climatiques et des systèmes de production.
Types de poivrons
On distingue plusieurs types de poivrons selon la forme du fruit :
- poivrons carrés ou “bloc” : fruits courts et épais, à 3 ou 4 lobes, très utilisés en maraîchage ;
- poivrons allongés : fruits longs et coniques, souvent plus rustiques ;
- poivrons aplatis ou “tomate” : fruits arrondis et aplatis, parfois appelés piments doux.
Les fruits évoluent généralement du vert (stade immature) vers des couleurs variées à maturité : rouge, jaune, orange, voire violet selon les variétés.
Variétés cultivées en Nouvelle-Calédonie
En Nouvelle-Calédonie, les variétés cultivées sont majoritairement des hybrides F1, sélectionnés pour :
- leur rendement ;
- la qualité des fruits (forme, calibre, couleur) ;
- leur tolérance à certaines maladies.
À noter : la production de poivrons de couleur nécessite un délai supplémentaire au champ en raison du temps de maturation, ce qui expose davantage les fruits à des risques sanitaires.
Quelques variétés adaptées aux conditions locales sont présentées ci-dessous (DDR, 1997 ; Technopole, 2021 ; Projet INTEGRE, 2018).
🫑 Yolo Wonder
- Couleur : vert foncé à rouge à maturité
- Type : gros fruit carré (10 à 12 cm), 4 loges
- Poids : 150 à 200 g
- Hauteur de plante : jusqu’à 75 cm
- Productivité : élevée (≈ 0,9 kg/plant en juillet)
- Coût de production indicatif (2021) : ≈ 177 F CFP/kg
🫑 Bellania F1
- Couleur : rouge à maturité
- Type : fruit carré moyen (7 à 8 cm), 4 loges
- Poids : ≈ 135 g
- Productivité : élevée (≈ 1,2 kg/plant en novembre)
- Coût de production indicatif : ≈ 95 F CFP/kg
🫑 Palermo F1
- Couleur : rouge à maturité
- Type : fruit allongé (≈ 20 × 4 cm)
- Poids : ≈ 90 g
- Productivité : élevée (≈ 1,6 kg/plant en juillet)
- Coût de production indicatif : ≈ 66 F CFP/kg
🫑 Yosémite F1
- Couleur : jaune à maturité
- Type : fruit allongé (≈ 20 × 4 cm)
- Poids : ≈ 100 g
- Productivité : élevée (≈ 2,1 kg/plant en novembre)
- Coût de production indicatif : ≈ 50 F CFP/kg
Autres variétés
- Canape : petit fruit carré (5 à 7 cm), plante compacte, productive
- Nobili F1 : gros fruit carré à allongé, productif
- Laser, Macabi, Drago : fruits allongés, vert foncé, 150 à 250 g
- Bellkaro F1 : coloration évolutive (ivoire à pourpre au stade immature), intéressant pour diversifier l’offre.
Production en Nouvelle-Calédonie
Entre 2015 et 2019 :
- Production locale : ≈ 170 tonnes par an
- Importations : ≈ 90 tonnes par an.
La production locale ne couvre ainsi qu’environ 60 % des besoins du marché. Les prix restent élevés tout au long de l’année, en particulier pour les poivrons de couleur (Technopole, 2021).
Exigences environnementales
Le poivron (Capsicum annuum L.) est une plante exigeante, dont le développement et la production dépendent fortement des conditions climatiques et du sol. Une bonne maîtrise de ces facteurs est essentielle pour obtenir des rendements réguliers, notamment en agriculture biologique (Cirad 2023, projet INTEGRE 2018, Technopole 2021).
Climat
- Plante de climats chauds, adaptée aux zones tropicales et subtropicales.
- En Nouvelle-Calédonie, les meilleures performances sont observées en saison fraîche
Températures
Le poivron est particulièrement sensible aux variations de température :
- température optimale : 23–25 °C le jour et 18–20 °C la nuit ;
- ralentissement de la croissance : en dessous de 15 °C ;
- stress thermique : au-dessus de 32–35 °C.
Des températures trop basses ou trop élevées peuvent entraîner la chute des fleurs, une mauvaise nouaison et la déformation des fruits.
Lumière
- Exposition : plein soleil
- Favorise la floraison, la coloration des fruits et l’accumulation de sucres
- Un excès d’ombre peut entraîner un allongement des plants et une baisse de rendement
Eau
- Besoins en eau réguliers et modérés
- Éviter les alternances de sécheresse et d’excès d’eau
- Sensible au stress hydrique, notamment pendant la floraison et la formation des fruits
Un déficit hydrique peut provoquer la chute des fleurs ou des fruits, tandis qu’un excès d’eau favorise les maladies racinaires.
Sol
Le poivron préfère des sols :
- profonds et bien drainés ;
- riches en matière organique ;
- légers à moyennement argileux (texture équilibrée) ;
- à pH légèrement acide à neutre (≈ 6,5 à 7).
Les sols trop compacts ou mal drainés favorisent l’asphyxie des racines et le développement de maladies. Une bonne structure du sol est essentielle pour assurer un enracinement profond et une bonne disponibilité en eau et en nutriments (Cirad et al., 2023).
Rotation des cultures
Le poivron est exigeant en termes de rotation :
- respecter un retour d’au moins 3 à 4 ans sur une même parcelle ;
- éviter les précédents de la famille des Solanacées (tomate, aubergine, pomme de terre) ;
- éviter également les successions avec les Cucurbitacées, qui peuvent favoriser certaines maladies du sol.
Conduite de culture
Les pratiques culturales décrites ci-dessous complètent les principes généraux présentés dans la fiche transversale : Installation en culture maraîchère (agriculture biologique)
Semis en pépinière
- Période optimale de semis : février à juillet
- Matériel : godets ou plaques alvéolées
- Repiquage : au stade 2 à 3 feuilles vraies
- possible de rafraîchir légèrement les racines pour favoriser leur ramification
- repiquage profond : enterrer le plant jusqu’aux cotylédons
- Conduite en pépinière :
- retirer progressivement l’ombrage une semaine après repiquage pour endurcir les plants
- attention : les jeunes plants sont sensibles aux coups de soleil
- Durée d’élevage : 4 à 6 semaines
Travail du sol
Le poivron nécessite un sol bien structuré pour favoriser l’enracinement :
- ameublissement en profondeur ;
- structure légèrement motteuse (éviter un affinage excessif du sol) ;
- apport de compost bien décomposé (3 à 4 mois) : 4 à 5 t pour 1000 m² ;
- mise en place de planches ou buttes en cas de sols lourds ou hydromorphes ;
- apport calcique si nécessaire pour ajuster le pH (objectif ≈ 6,5).
Un bon drainage est indispensable pour limiter les risques de maladies racinaires.
Plantation
- Stade : plants de 6 à 8 feuilles vraies, d’environ 15 à 25 cm de hauteur
- Période : toute l’année, avec de meilleures conditions en saison fraîche
- Disposition : en lignes ou en quinconce
- Espacement indicatif :
- 40 à 50 cm sur le rang ;
- 60 à 80 cm entre les rangs en culture sous abri
- jusqu'à 1 à 1,2 m entre les rangs en plein champ
- Densité :
- environ 20 000 plants/ha ((soit ≈ 2 plants/m²)
- 5 à 6 plants/m² en culture sous abri
- Mise en place : enterrer la motte jusqu’au collet (juste sous les premières vraies feuilles), tasser fermement et arroser au pied après plantation
Culture hors sol (sous abri) — version optimisée
La culture hors sol, sous abri, présente plusieurs avantages :
- limitation des maladies racinaires et de certains ravageurs (oiseaux notamment) ;
- meilleure maîtrise des apports en eau et en nutriments ;
- densité plus élevée (jusqu’à 5 à 6 plants/m²) ;
- prolongation de la production pendant la saison des pluies.
Cependant, ce système présente aussi certaines contraintes :
- gestion technique rigoureuse (irrigation, fertilisation, aération) ;
- surveillance accrue pour limiter les risques sanitaires.
En comparaison, la culture en plein champ bénéficie généralement d’une meilleure aération, ce qui peut réduire la pression des maladies et favoriser de bons niveaux de rendement, mais elle reste plus dépendante des conditions climatiques.
Fertilisation
Le poivron est une culture exigeante en éléments nutritifs, notamment en azote (croissance végétative) et en potassium (floraison et qualité des fruits). Un excès d’azote peut favoriser le développement du feuillage au détriment de la production.
Il est recommandé de compléter l’amendement de fond (compost) par des apports adaptés. La fertilisation doit être ajustée en fonction de la fertilité du sol.
👉 En l’absence de compost, utiliser un engrais complet labellisé agriculture biologique.
| Élément | Azote (N) | Phosphore (P) | Potassium (K) |
|---|---|---|---|
| Besoins (kg/ha) | 150 | 80 | 250 |
| Type de sol | Sol fertile | Sol pauvre | Sol très pauvre |
|---|---|---|---|
| Apport (g/plant) | 20 | 40 | 80 |
| Type de sol | Sol fertile | Sol pauvre | Sol très pauvre |
|---|---|---|---|
| Apport (g/plant) | 15 | 30 | 60 |
Paillage
Le paillage est fortement recommandé pour :
- limiter la concurrence des adventices ;
- maintenir l’humidité du sol ;
- protéger les fruits contre le contact avec le sol ;
- limiter les éclaboussures de sol (réduction du risque de maladies).
Il peut être :
- organique : paille, résidus végétaux ;
- en toile tissée
Irrigation
L’irrigation doit être régulière et maîtrisée :
- éviter les stress hydriques, notamment à la floraison et à la fructification ;
- privilégier des apports fréquents et modérés.
Les variations importantes d’humidité peuvent entraîner la chute des fleurs la déformation des fruits et des troubles physiologiques.
Tuteurage et palissage
Le tuteurage est recommandé. Il permet :
- d’aérer la plante ;
- de limiter la casse des branches ;
- d’améliorer l’exposition des feuilles à la lumière.
Plusieurs systèmes de palissage peuvent être utilisés :
- palissage vertical : enroulement des plants autour d’un fil suspendu (1,5 à 2 m) ;
- palissage horizontal : fils tendus le long des rangs sur 2 à 3 niveaux ;
- tuteur individuel : tuteur planté au pied de chaque plant.
Entretien de la culture
Désherbage
Le poivron est sensible à la concurrence des adventices, notamment en début de culture.
- intervenir précocement, avant et après la plantation ;
- assurer un désherbage manuel ou mécanique
- implanter les plants sur un sol propre, idéalement paillé ;
- maintenir la parcelle propre pendant la croissance par différentes méthodes : binage, sarclage, houe maraîchère ;
- limiter les levées d’adventices en posant une toile tissée dans les passe-pieds ou en utilisant un paillage organique (broyat végétal).
Taille et effeuillage
La taille des plants de poivron n’est pas indispensable, mais elle peut améliorer la production (taille des fruits, précocité, aération des plants).
- supprimer les tiges secondaires (gourmands) situées à l’aisselle des feuilles ;
- limiter le nombre de tiges principales selon les objectifs de production ;
- pincer l’extrémité des tiges pour favoriser la maturation des fruits ;
- éliminer les feuilles abîmées, malades, au contact du sol ou celles qui ombragent excessivement les fruits ;
- réaliser l’effeuillage de préférence par temps sec et ensoleillé, afin de limiter les risques de contamination.
Récolte
La récolte du poivron est réalisée manuellement, à l’aide d’un couteau ou d’un sécateur, en conservant une partie du pédoncule afin d’améliorer la conservation des fruits.
- Début de récolte : 2 à 3 mois après la plantation ;
- Poivron vert (stade immature) : lorsque le fruit est bien développé et que la paroi est ferme au toucher ;
- Fréquence de cueillette : tous les 2 à 3 jours, afin de stimuler la production de nouveaux fruits et d’éviter le surmûrissement ;
- Fruits colorés : prévoir un délai supplémentaire de 3 à 4 semaines pour atteindre la maturité complète (rouge, jaune, orange).
Conservation et transformation
Conservation
Le poivron est un légume relativement fragile, sensible aux chocs et à la déshydratation.
- Température optimale de conservation : 7 à 10 °C ;
- Humidité relative : élevée (85–90 %) pour limiter le dessèchement.
À température ambiante, la conservation est limitée à quelques jours. En conditions réfrigérées, les fruits peuvent se conserver 1 à 2 semaines, selon leur stade de maturité.
Les poivrons récoltés à maturité complète sont plus sensibles aux manipulations et se conservent moins longtemps.
Le poivron se prête à de nombreuses formes de transformation, permettant de valoriser les surplus de production :
- congélation : après lavage et découpe, adaptée à un usage culinaire ultérieur ;
- séchage : pour la production de poivrons séchés ou de poudre (type paprika) ;
- conserves : en bocaux (au naturel, grillés, marinés) ;
- préparations culinaires : sauces, coulis, condiments.
Ces transformations permettent d’allonger la durée de conservation et de diversifier les débouchés.
Principales maladies et moyens de lutte agroécologiques
Le poivron est une culture sensible aux maladies, en particulier en conditions chaudes et humides.
Maladies fongiques, bactériennes et virales
- Oïdium (Leveillula taurica) : feutrage blanc sur les feuilles ;
- Cercosporiose (Cercospora capsici) : taches brunes à grises sur les feuilles ;
- Fonte des semis (Rhizoctonia solani, Pythium spp.) : pourrissement des jeunes plants ;
- Anthracnose : taches circulaires sur les fruits ;
- Phytophthora : pourriture du collet et des racines ;
- Flétrissement bactérien (Ralstonia solanacearum) : flétrissement rapide des plants ;
- Taches bactériennes (Xanthomonas spp.) : lésions sur feuilles et fruits ;
- Virus de la mosaïque et autres virus transmis par pucerons ou thrips (CMV, TMV) : mosaïques foliaires, déformations et ralentissement de la croissance.
Méthodes de lutte agroécologiques
La lutte repose principalement sur la prévention et la gestion des conditions de culture
- Choix variétal : utiliser des variétés tolérantes ou résistantes
- Gestion culturale
- assurer une bonne aération des cultures ;
- éviter l’excès d’humidité ;
- arroser au pied, sans mouiller le feuillage ;
- privilégier des sols bien drainés ;
- Hygiène culturale
- éliminer les parties atteintes (oïdium, cercosporiose, anthracnose)
- éliminer la totalité des plants atteints, racines comprises (flétrissement bactérien, maladies virales) ;
- utiliser des semences saines ;
- pratiquer la rotation des cultures (éviter les Solanacées) ;
- Traitements préventifs et curatifs (agriculture biologique)
- cuivre (maladies bactériennes et fongiques) ;
- soufre (oïdium) ;
- extraits végétaux (neem, orange douce) ;
- micro-organismes utiles (Bacillus subtilis) ;
- contrôle des insectes vecteurs (maladies virales).
Principaux ravageurs et méthodes de lutte agroécologiques
Principaux ravageurs
- Oiseaux : picorent les fruits, entraînant des pertes directes et des blessures favorisant les pourritures ;
- Acariens : déformations des jeunes feuilles et des fruits, jaunissement puis dessèchement du feuillage ;
- Thrips (Thysanoptera) : décolorations (aspect argenté), déformations des feuilles et des fruits, transmission de virus ;
- Mouches mineuses (Liriomyza sativae) : galeries dans les feuilles, réduction de la surface photosynthétique ;
- Mouches des fruits (Bactrocera tryoni) : piqûres de ponte, développement de larves dans les fruits, pourriture et chute des fruits ;
- Nématodes à galles (Meloidogyne spp.) : formation de galles sur les racines, affaiblissement des plants, baisse de rendement ;
- Chenilles (noctuelles) : perforations des feuilles et des fruits, pertes directes de production.
Méthodes de lutte agroécologiques
La lutte repose sur une combinaison de mesures préventives et curatives :
- Protection physique : filets anti-insectes, pièges englués ;
- Surveillance régulière : détection précoce des problèmes
- Lutte biologique : introduction ou préservation des auxiliaires (coccinelles, syrphes, micro-guêpes, punaises prédatrices, acariens prédateurs) ;
- Traitements d’origine naturelle
- pulvérisations de savon noir ou d’extraits végétaux ;
- biopesticides à base de Bacillus thuringiensis (chenilles) ;
- Gestion du sol et des cultures
- désinfection du sol par solarisation (nématodes) ;
- maintien d’une bonne hygiène culturale ;
- Interventions mécaniques : ramassage manuel des ravageurs lorsque possible.
Sources