Bois tabou
Bois tabou
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Identité
Nom scientifiqueFagraea berteroanaFamilleGentianaceaaStatut BiogéographiquePlante indigèneOrigine géographiqueOcéanieDistribution géographiqueGrande Terre et îlesNoms Kanakmêdügö (paicî)potr (drehu, iaai, fagauvea)pujapuja (nengone)buè (xârâcùù)Autres noms communsBois pétrole, Tiaré kanak, Faux houp (français)Pua Kenikeni, Perfume Flower Tree (Hawaï, Australie)Pua (Polynésie)Milieu naturel d'origineNon renseignéStatut IUCNPréocupation mineure (LC)
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Description
Type de planteArbreDurée de vie--Hauteur à maturitéPlus de 5 m
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Conduite culturale
Type de sol--Pollinisation--Croissance--Entretien / Soins--Exposition au soleil--Besoin en eauRésistance à la sécheresse
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Saisonnalité
FloraisonFruitsTaille
Généralités
Le bois tabou (Fagraea berteroana), également appelé bois pétrole ou tiaré kanak, est un petit arbre indigène de la famille des Gentianacées.
En Nouvelle-Calédonie, il est largement répandu dans l'ensemble de l'archipel, sur la Grande Terre comme dans les îles.
Il pousse à basse et moyenne altitude dans des milieux très variés : forêts humides ou sèches, végétation littorale, bords de creeks, mangroves ou encore zones de transition entre savane, maquis et forêt. Il s'adapte à différents types de sols, notamment calcaires, volcano-sédimentaires et ultramafiques. Aux îles Loyauté, il est commun dans les forêts sur sol calcaire.
En forêt, le bois tabou peut se développer comme épiphyte étrangleur : il commence sa croissance sur un autre arbre avant d'émettre des racines aériennes qui rejoignent le sol.
L'espèce est également largement répartie dans le Pacifique, de la Nouvelle-Guinée et de l'Australie jusqu'à plusieurs archipels de Micronésie et de Polynésie.
Le bois tabou est classé en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l'UICN
Sources : Gâteblé, 2015 ; Werler et al., 2025 ; UICN, 2021 ; Endemia, 2026.
Description
F. berteroana présente les principales caractéristiques botaniques suivantes (Suprin, 2008 ; Gâteblé, 2015 ; Werler et al., 2025) :
Allure générale
- Petit arbre de forme très variable, souvent buissonnant, pouvant atteindre 15 m de hauteur en forêt ;
- Lorsqu'il pousse en arbre isolé, tronc généralement court, ramifié dès la base et formant une couronne étalée ;
- Bois homogène, de couleur jaunâtre clair ;
- Racines très longues, pouvant courir sur les rochers et s'insérer dans les moindres fissures ;
- En forêt, peut se développer comme semi-épiphyte étrangleur : une graine déposée par un oiseau sur la branche d'un arbre peut germer et produire une longue racine aérienne qui rejoint le sol. Une fois enracinée, la plante développe des racines autour de l'arbre support et peut progressivement l'étrangler.
Feuilles
- Feuilles simples et opposées, très odorantes, généralement elliptiques à ovales ;
- Grandes feuilles de 8 à 22 cm de long, épaisses et charnues ;
- Surface lisse, avec une face supérieure plus foncée ;
- Pétiole de 1,5 à 5 cm de long.
Fleurs
- Fleurs regroupées en inflorescences terminales, généralement par 9 à 25 ;
- Grandes fleurs en forme de trompette, très odorantes ;
- Corolle blanche à l'ouverture, devenant jaune à orange pâle en vieillissant ;
- Corolle comprenant 5 pétales et 5 étamines ;
Feuilles
- Feuilles simples et opposées, très odorantes, généralement elliptiques à ovales ;
- Grandes feuilles de 8 à 22 cm de long, épaisses et charnues ;
- Surface lisse, avec une face supérieure plus foncée ;
- Pétiole de 1,5 à 5 cm de long.
Fleurs
- Fleurs regroupées en inflorescences terminales, généralement par 9 à 25 ;
- Grandes fleurs en forme de trompette, très odorantes ;
- Corolle blanche à l'ouverture, devenant jaune à orange pâle en vieillissant ;
- Corolle comprenant 5 pétales et 5 étamines ;
Fruits
- Fruits constitués de baies ellipsoïdes, de 3,5 à 5 cm de long, devenant orangées à maturité ;
- Baies contenant une pulpe jaune et collante dans laquelle sont noyées de nombreuses petites graines ;
- Maturation lente des fruits, pouvant durer 10 à 12 mois ;
Graines
- Nombreuses petites graines noires, de forme irrégulière ;
- Graines dispersées notamment par les oiseaux et les roussettes qui consomment les fruits.
Saisonnalité
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Floraison : principalement pendant la saison chaude, avec un pic après les pluies.
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Fructification : principalement observée de septembre à avril.
Précautions d'usages
Avant tout usage de plante médicinale, lisez attentivement la fiche Agripédia "Précautions d'usage des plantes médicinales", car certaines plantes sont toxiques, même à faible dose et un mauvais usage pourrait mettre votre santé en danger.
Aucun empoisonnement n’a été attribué à la consommation de fruits ou de décoctions de parties du bois tabou (F. berteroana). En revanche, en Polynésie, il a été rapporté que les fruits pouvaient être toxiques s'ils étaient utilisés en grande quantité (Werler et al, 2015).
Quelques règles de bon sens :
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Les données disponibles ne permettent pas de garantir que l’utilisation du bolé est sans risque chez la femme enceinte, la femme allaitante et l’enfant. Par précaution, demander l’avis d’un professionnel de santé avant tout usage médicinal.
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L'utilisation des remèdes présentés dans nos fiches ne se substitue aucunement à un avis médical, ni aux conseils d'un guérisseur traditionnel (tradithérapeute) ;
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En cas de symptômes persistants ou anormaux, consultez un professionnel de santé ;
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N'utilisez pas une plante quand vous avez un doute sur son identification botanique ou alors demandez une identification formelle à quelqu'un de votre entourage qui s'y connait vraiment, un botaniste, un tradithérapeute, un herboriste ou un pharmacien.
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En raison de l'activité modérer sa consommation en cas de grossesse et chez les enfants.
Substances naturelles
La composition chimique du bois tabou reste encore peu étudiée. Plusieurs substances naturelles ont néanmoins été identifiées, principalement dans les fleurs et les fruits.
L'analyse d'extraits de fleurs obtenus à l'aide d'un solvant (hexane) a permis d'identifier plusieurs composés, notamment :
- l'alcool benzylique ;
- le benzoate de méthyle ;
- le benzoate de benzyle ;
- le linalol ;
- le (E)-ocimène ;
- le (E)-nérolidol ;
- le salicylate de benzyle ;
- le (E)-phytol ;
- plusieurs hydrocarbures, dont le tricosane, l'hénicosane, le pentacosane et l'heptacosane.
Les extraits de fruits obtenus à l'aide d'acétate d'éthyle contiennent notamment de l'acide loganique, de l'acide coumarique.
L'huile essentielle de fruits contient de l’acétate de benzyle, du salicylate de méthyle, et de l’acide myristique.
Ces composés peuvent être irritants pour la peau, les yeux ou les voies respiratoires.
Sources : Werler et al. (2025)
Principales vertus
Les principaux usages médicinaux traditionnels attribués au bois tabou sont :
- Émollient : pour apaiser localement les irritations et inflammations ;
- Laxatif / purgatif : pour favoriser l'évacuation intestinale ;
- Tonique : pour fortifier l'organisme ;
- Fébrifuge : contre la fièvre ;
- Détoxifiant/Dépuratif : traditionnellement utilisé pour « purifier » l'organisme ;
- Abortif : dans certaines préparations traditionnelles destinées à interrompre une grossesse.
FEUILLES : vertus et usages
En Nouvelle-Calédonie, les feuilles du bois tabou occupent une place importante dans la médecine traditionnelle. Elles sont notamment utilisées en application externe comme émollient, mais aussi dans des préparations dépuratives et purgatives.
Elles sont notamment employées :
- comme émollient, notamment contre les douleurs rhumatismales ;
- en application externe pour soulager les douleurs rhumatismales, les contusions et différentes affections de la peau, comme les furoncles, abcès, éruptions et irritations : les feuilles, jaunes ou vertes, sont chauffées à la flamme pour les ramollir avant d'être appliquées en compresse. Les feuilles bouillies sont également utilisées contre les éruptions et irritations de la peau ;
- contre les douleurs d'oreille (otalgies) : les feuilles jaunies sont passées à la flamme puis pressées pour en extraire le jus, versé dans l'oreille ;
- en infusion, traditionnellement donnée aux enfants pour favoriser leur croissance ;
- en macération, comme dépuratif (« purification » de l'organisme) et purgatif pour favoriser l'évacuation intestinale ;
- associées à l'écorce en macération, pour faire cesser les règles.
Ailleurs dans le Pacifique, d'autres usages sont partagés :
- À Tonga, les feuilles sont utilisées pour traiter des irritations de la peau et en cataplasme sur les plaies aux pieds ou aux jambes.
Sources : Lormée et al., (2011) ; Suprin, (2008) ; Werler et al., (2025).
ÉCORCE : vertus et usages
En Nouvelle-Calédonie, l'écorce du bois tabou est également utilisée dans différentes préparations traditionnelles :
- comme émollient, notamment contre les douleurs rhumatismales, mais aussi pour faire cesser les règles ;
- à Maré, pour ses usages tonifiants et purgatifs : préparée en décoction, elle est consommée encore chaude ;
- elle entre dans la préparation de purges à l'eau de mer ;
- elle est également utilisée lors de purges traditionnelles pratiquées chez les jeunes filles au moment de la puberté.
Ailleurs dans le Pacifique, d'autres usages traditionnels sont rapportés :
- à Fidji, l'infusion d'écorce est notamment utilisée contre l'asthme et le diabète ;
- à Futuna, l'écorce entre dans la composition d'une préparation traditionnelle à visée abortive, associée aux écorces de Morinda citrifolia (nono) et Neonauclea forsteri ;
- aux îles de la Société, l'extrait d'écorce est utilisé traditionnellement pour favoriser la guérison des fractures osseuses ;
- aux îles Marquises, l'écorce est utilisée contre les ulcères de l'estomac ;
- à Tonga, l'infusion d'écorce, consommée en petites quantités, est utilisée contre différents maux, notamment les douleurs abdominales, maux de dos, polypes nasaux et certaines « blessures internes » associées à des fractures mal soignées. Elle intervient également dans le traitement traditionnel de maladies attribuées à un « coup d'esprit ».
(Lormée et al., 2011 ; Werler et al., 2025)
FRUITS, FLEURS et RACINES : vertus et usages
Ailleurs dans le Pacifique, quelques usages traditionnels des fruits, des racines et des fleurs du bois tabou sont également rapportés :
- aux îles de la Société, les baies sont utilisées contre la bronchite ;
- aux Samoa, la décoction de fruits est utilisée contre la fièvre ;
- à Fidji, la décoction de racines est utilisée contre les irritations génitales ;
- à Hawaï, une essence préparée à partir des fleurs est traditionnellement utilisée contre certaines dépendances, notamment au cannabis, ainsi que contre les pulsions sexuelles. Elle est également réputée favoriser la clarté mentale et le bien-être.
Source : Werler et al., (2025).
Autres usages en Océanie
Le bois tabou est cultivé comme plante ornementale pour son port, son feuillage et surtout ses fleurs très parfumées. Il peut être planté comme arbre isolé ou en haie.
Dans de nombreuses îles du Pacifique, ses fleurs sont utilisées pour confectionner des colliers et des couronnes ou sont portées à l'oreille. En Polynésie, elles peuvent également être mises à macérer dans de l'huile de coco pour obtenir une huile parfumée. Autrefois, le pua était considéré comme la fleur nationale des îles Marquises, au même titre que le tiaré à Tahiti. Le bois tabou est également présent dans plusieurs mythes et traditions polynésiens.
En Nouvelle-Calédonie, son bois était traditionnellement recherché pour la construction et la sculpture, notamment pour fabriquer des poteaux de case, des chambranles et des flèches faîtières. Facile à travailler lorsqu'il est encore vert, il devient très dur et imputrescible en séchant, ce qui le rend particulièrement adapté aux pièces exposées à l'extérieur. Une fois sec, il brûle aussi très facilement, ce qui expliquerait son nom de « bois pétrole ».
Dans d'autres îles du Pacifique, le bois est utilisé pour fabriquer des outils, des éléments de pirogues et des coffres de rangement traditionnels.
Aux îles Salomon, les fruits secs servent de pièges à mouches.
Aux îles de la Société, le latex est traditionnellement utilisé dans les pratiques d'embaumement des défunts.
Le bois tabou porte différents noms dans les langues kanak et océaniennes :
- mâdùgö (paicî)
- potr (drehu, iaai, fagauvea)
- pujapuja (nengone)
- buè (xârâcùù)
- bijouin/bijouin (a'jië)
- guec (fwâi)
- pua (Tahiti, Tonga, Futuna)
- puauvea (Wallis)
Sources : Lormée et al., 2011 ; Suprin, 2008 ; Gâteblé, 2015 ; Werler et al., 2025.
Sont impliqués dans la réalisation de cette fiche
Cette fiche a été réalisée grâce au soutien financier de l'Agence rurale dans le cadre de son appui au développement de la filière « Plantes comestibles, fruits et légumes de diversification ».
L'Agence rurale et l'Institut agronomique néo-calédonien (IAC) ont signé en 2026 une convention de partenariat pour la réalisation et l'intégration de 25 nouvelles fiches techniques variétales dans Agripédia.
L'objectif de ce partenariat est de contribuer à l'amélioration de la couverture alimentaire de la Nouvelle-Calédonie en favorisant la diffusion de connaissances sur des productions locales adaptées aux conditions pédoclimatiques du territoire, présentant des qualités nutritionnelles et environnementales remarquables.
L'équipe d'Agripédia et l'IAC remercient chaleureusement l'Agence rurale pour son précieux soutien !
Auteurs
Publiée le 22 septembre 2026
Rédaction de la fiche
- Estelle Bonnet-Vidal (Lincks)
Relectures, expertise et amendements
- Mariko Matsui (Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie)
Bonnet-Vidal, E., Matsui M., (2026). Bois tabou (Fagraea berteroana). Agripedia.nc, Institut agronomique néo-calédonien (IAC), avec le soutien financier de l'Agence rurale. Disponible sur : https://www.agripedia.nc [En ligne, consulté le jour/mois/année].
Voir également la FAQ : « Comment citer cette référence bibliographique ? »