Bolé
Le bolé (Acronychia laevis) est une plante médicinale très importante et fréquemment utilisée en Nouvelle-Calédonie. Découvrez ses principales caractéristiques botaniques, ses usages médicinaux traditionnels et ses propriétés pharmacologiques.
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Identité
Nom scientifiqueAcronychia laevis J.R.Forst. & G.Forst.FamilleRutaceaeStatut BiogéographiquePlante indigèneOrigine géographiqueAustralie, Nouvelle-CalédonieDistribution géographiqueGrande Terre et îlesNoms Kanakm'boui (paicî)pojè, hmelexeci (drehu)bole (nengone)bouï (xârâcùù)pô (drubea)gerit, görit (jawe)Autres noms communsHard aspen (anglais)Milieu naturel d'origineLittoralStatut IUCNPréocupation mineure (LC)
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Description
Type de planteArbusteCouleur des feuillesVertCouleur des fleursBlancHauteur à maturitéPlus de 5 m
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Type et préparations
Type de plante médicinaleEndémique ou indigèneCommuneType de médecineTraditionnelle KanakFamiliale couranteType de préparationsProduit fraisApplication externeMacérationDécoctionPartie utiliséesÉcorceFeuille
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Propriétés
HémostatiqueEmménagogue (règles)Tonique, énergisantCicatrisantFébrifuge (fièvre)
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Usages médicinaux
Peau, dermatologieCiguatera (gratte)Maladies du foieBlessuresDouleursPurges, laxatifsFièvreVitalité, énergieArticulationsGynécologie, règles
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Saisonnalité
FloraisonFruitsTaille
Généralités
Le bolé (Acronychia laevis) est une plante indigène de la famille des Rutacées. En 2008, le botaniste Bernard Suprin a adopté comme nom commun français « bolé », son nom en nengone, la langue de Maré (Suprin, 2008 ; Lormée et al., 2011 ; Werler et al., 2025)
Cet arbuste, qui peut devenir un arbre en forêt, est commun à basse altitude en Nouvelle-Calédonie. Il présente toutefois une large répartition, sur la Grande Terre comme dans les îles. Il fréquente des milieux variés : forêts sèches, maquis, savanes et formations littorales. Il affectionne particulièrement les terrains calcaires, mais peut également être observé sur en maquis minier et en forêt humide (Suprin, 2008 ; Endemia).
Il est également présent dans l’est de l’Australie, notamment au Queensland et en Nouvelle-Galles du Sud, ainsi que sur l’île de Lord Howe. En Australie, il pousse depuis le bord de mer jusqu’à environ 600-700 m d’altitude (Hartley, 1974).
L’espèce serait arrivée en Nouvelle-Calédonie relativement récemment par dispersion naturelle à longue distance. Elle est classée en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de l’UICN (Werler et al., 2025 ; UICN, 2021 ; Endemia).
Usages dans la culture kanak
Le bolé possède plusieurs usages traditionnels dans la culture kanak.
À Maré, les feuilles sont parfois utilisées pour envelopper la viande de cochon cuite au four traditionnel à pierres, afin de la parfumer et de rendre sa peau dure (Lormée et al., 2011).
Le bolé y est également associé à la culture et à la conservation des ignames (Lormée et al., 2011 ; Werler et al., 2025) :
- Avant de planter les ignames, en particulier les ignames nobles comme les wadrawa, on se frotte les mains avec des feuilles de bole afin de masquer sa propre odeur ;
- Les ignames peuvent aussi être frottées avec des feuilles préalablement passées à la flamme pour traiter le xedixed, un feutrage blanchâtre qui recouvre les tubercules conservés hors de terre et qui serait probablement d’origine fongique.
Les nombreux usages médicinaux traditionnels du bolé sont présentés plus loin dans cette fiche.
Le bolé porte différents noms dans les langues kanak (Suprin, 2008 ; Werler et al., 2025) :
- gerit, görit (jawe)
- m’boui (paicî)
- pojè, hmelexeci (drehu)
- bole (nengone)
- pô (drubea)
- bouï (xârâcùù)
Description
Acronychia laevis présente les principales caractéristiques botaniques suivantes (Suprin, 2008 ; Hartley, 1974 ; Werler et al., 2025) :
Allure générale
- Arbuste ou petit arbre pouvant atteindre 12 m de hauteur ;
- Écorce claire et lisse ;
- Rameaux opposés deux à deux.
Feuilles
- Feuilles simples, de forme variable, généralement elliptiques, allongées ou plus larges vers leur extrémité ;
- Feuilles assez fermes et coriaces d'environ 2,5 à 9,5 cm de long sur 1 à 5 cm de large ;
- Pétiole court, renflé à la base ;
- Limbe parsemé de petites glandes à essence visibles sous forme de fines ponctuations : lorsqu’on froisse les feuilles, elles libèrent une odeur caractéristique.
Fleurs
- Petites fleurs de 6 à 10 mm de long, regroupées en inflorescences comprenant quelques fleurs à de nombreuses fleurs ;
- Couleur blanc crème à blanchâtre ;
- Quatre grands pétales disposés en croix ;
- Floraison principale en été, pouvant être suivie d’une ou deux autres floraisons dans l’année ;
- Fleurs très fréquentées par les abeilles et floraison appréciée des apiculteurs.
Fruits
- Petites drupes d’environ 6 à 12 mm de large ;
- Quatre loges donnant au fruit une forme carrée caractéristique ;
- Fruits verts lorsqu'ils sont jeunes devenant rouge brunâtre en séchant ;
- Épiderme à l’aspect de peau d’orange, contenant des glandes à essence : lorsqu’on écrase le fruit vert, il dégage un parfum rappelant l’eau de Cologne ;
- Fructification pouvant être observée tout au long de l’année ;
- Fleurs et fruits pouvant être présents simultanément sur une même branche.
Graines
- Forme ellipsoïdale ;
- Couleur brun rougeâtre foncé à noirâtre ;
- Environ 4 à 4,5 mm de long.
Saisonnalité
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Floraison : principalement de décembre à mai en Nouvelle-Calédonie, suivie d’une ou deux autres floraisons dans l’année ;
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Fructification : tout au long de l’année ;
Précautions d'usages
Avant tout usage de plante médicinale, lisez attentivement la fiche Agripédia "Précautions d'usage des plantes médicinales", car certaines plantes sont toxiques, même à faible dose et un mauvais usage pourrait mettre votre santé en danger.
Quelques règles de bon sens :
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Les données disponibles ne permettent pas de garantir que l’utilisation du bolé est sans risque chez la femme enceinte, la femme allaitante et l’enfant. Par précaution, demander l’avis d’un professionnel de santé avant tout usage médicinal.
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L'utilisation des remèdes présentés dans nos fiches ne se substitue aucunement à un avis médical, ni aux conseils d'un guérisseur traditionnel (tradithérapeute) ;
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En cas de symptômes persistants ou anormaux, consultez un professionnel de santé ;
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N'utilisez pas une plante quand vous avez un doute sur son identification botanique ou alors demandez une identification formelle à quelqu'un de votre entourage qui s'y connait vraiment, un botaniste, un tradithérapeute, un herboriste ou un pharmacien.
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En raison de l'activité modérer sa consommation en cas de grossesse et chez les enfants.
Substances naturelles
L’huile essentielle des feuilles de Acronychia laevis contient principalement des monoterpènes et des sesquiterpènes.
Les principaux composés identifiés sont l’α-pinène, l’élémol et le bicyclogermacrène (Werler et al., 2025).
Principales vertus
Les principaux usages traditionnels médicinaux attribués au bolé sont :
- Emménagogue : pour favoriser ou déclencher les menstruations ;
- Fébrifuge : contre la fièvre ;
- Cicatrisante : pour favoriser la cicatrisation ;
- Hémostatique : pour aider à arrêter les saignements ;
- Antiémétique : pour calmer les vomissements.
FEUILLES : vertus et usages
En Nouvelle-Calédonie, les feuilles du bolé entrent dans différentes préparations de médecine traditionnelle, résumées ci-dessous (Lormée et al., 2011 et Werler 2025) :
La macération de feuilles est consommée pour :
- déclencher les menstruations ;
- traiter la fièvre ;
- contre certaines infections, notamment l’herpès ou la lèpre ;
- « purifier le sang » ;
- traiter les crises d’épilepsie ;
- soulager certaines blessures comme les entorses ;
- favoriser la cicatrisation ;
- calmer les vomissements.
À Maré, c'est une plante médicinale très importante et fréquemment utilisée. Les feuilles mâchées avec du coco, puis crachées, sont utilisées contre la gale. Les feuilles servent également à préparer l’aeneshaba, un mélange de plantes fortifiant souvent donné aux enfants pour (Lormée et al., 2011).
La décoction des feuilles et d’écorce est considérée comme tonifiante et utilisée pour purifier le sang. Elle est également employée :
- contre les maux de tête ;
- dans le traitement des douleurs articulaires ;
- comme « médicament pour le foie ».
Activités pharmacologiques
Les feuilles d'Acronychia laevis ont fait l’objet d'études expérimentales pour évaluer leur activité anti-parasitaire.
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Des extraits de feuilles ont été testés in vitro contre Plasmodium falciparum, le parasite responsable du paludisme. Dans les conditions expérimentales étudiées, ils ont montré une activité limitée contre le parasite. Ces résultats obtenus en laboratoire ne démontrent pas une efficacité contre le paludisme chez l’être humain. (Werler et al., 2025)
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Un extrait de feuilles a également montré une faible activité contre Trypanosoma cruzi, parasite responsable de la maladie de Chagas chez l’être humain, avec une réduction de 32,5 % de la quantité de parasites dans les conditions expérimentales testées. (Werler et al., 2025).
ÉCORCE : vertus et usages
L’écorce d'Acronychia laevis est également utilisée dans différentes préparations de médecine traditionnelle, résumées ci-dessous (Lormée et al., 2011 et Werler 2025) :
L’écorce est traditionnellement employée :
- pour favoriser la cicatrisation ;
- pour traiter la fièvre et la grippe ;
- dans le cadre de purges pratiquées chez les jeunes filles à la puberté.
Associée aux feuilles en décoction, elle est considérée comme tonifiante et utilisée pour « purifier le sang », soulager les maux de tête et les douleurs articulaires, ainsi que comme « médicament pour le foie ».
L’écorce et les feuilles sont également utilisées comme hémostatiques, pour aider à arrêter les saignements (Lormée et al., 2011).
Activités pharmacologiques
Des extraits d’écorce d’Acronychia laevis ont fait l’objet d’études expérimentales pour évaluer différentes activités pharmacologiques.
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En laboratoire, un extrait d’écorce a montré une activité cytotoxique (capacité à détruire ou endommager des cellules) sur des cellules de cancer du sein humain (MCF-7). Ce résultat obtenu in vitro ne permet toutefois pas de conclure à une efficacité anticancéreuse chez l’être humain.
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Un extrait d’écorce a également montré une activité contre Plasmodium falciparum. Cette activité était d'ailleurs supérieure à celle observée avec les extraits de feuilles dans les conditions expérimentales étudiées (Werler et al., 2025).
Sont impliqués dans la réalisation de cette fiche
Cette fiche a été réalisée grâce au soutien financier de l'Agence rurale dans le cadre de son appui au développement de la filière « Plantes comestibles, fruits et légumes de diversification ».
L'Agence rurale et l'Institut agronomique néo-calédonien (IAC) ont signé en 2026 une convention de partenariat pour la réalisation et l'intégration de 25 nouvelles fiches techniques variétales dans Agripédia.
L'objectif de ce partenariat est de contribuer à l'amélioration de la couverture alimentaire de la Nouvelle-Calédonie en favorisant la diffusion de connaissances sur des productions locales adaptées aux conditions pédoclimatiques du territoire, présentant des qualités nutritionnelles et environnementales remarquables.
L'équipe d'Agripédia et l'IAC remercient chaleureusement l'Agence rurale pour son précieux soutien !
Sources
- Endemia, 2026. Acronychia laevis J.R.Forst. & G.Forst. – Endemia, Faune & Flore de Nouvelle-Calédonie. Consulté le 15 sept. 2026
- IUCN Red List, 2021. Acronychia laevis (Hard Aspen). The IUCN Red List of Threatened Species. Consulté le 15 sept. 2026
- Lormée N., Cabalion P., Hnawia É., 2011. Hommes et plantes de Maré, îles Loyauté, Nouvelle-Calédonie. IRD Éditions, Marseille, 236 p. [Acronychia laevis, p. 228-229].
- Suprin B., 2008. Plantes du littoral de Nouvelle-Calédonie. Éditions Photosynthèse, Nouméa, 270 p. [Acronychia laevis, p. 35-36].
- Werler N., Huchedé P., Gimard L., Barguil Y., Matsui M. et al., 2025. Usages traditionnels et activités pharmacologiques de cinq plantes de Nouvelle-Calédonie. Ethnopharmacologia, n° 71-72, p. 103-104.
- Hartley, T. G. (1974). A revision of the genus Acronychia (Rutaceae). Journal of the Arnold Arboretum, 55(3), 469–523. http://www.jstor.org/stable/43781951
Auteurs
Publiée le 16 septembre 2026
Rédaction de la fiche
- Estelle Bonnet-Vidal (Lincks)
Relectures, expertise et amendements
- Mariko Matsui (Institut Pasteur de Nouvelle-Calédonie)
Citation recommandée
- Bonnet-Vidal, E., Matsui M., (2026). Acronychia laevis (Bolé). Agripedia.nc, Institut agronomique néo-calédonien (IAC), avec le soutien financier de l'Agence rurale. Disponible sur : https://www.agripedia.nc [En ligne, consulté le jour/mois/année].
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