Aubergine
L’aubergine (Solanum melongena) est une culture bien adaptée au climat de la Nouvelle-Calédonie, productive et accessible en agriculture biologique. Découvrez les étapes clés de sa culture : semis, plantation, entretien, gestion des ravageurs et récolte.
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Identité
Nom scientifiqueSolanum melongena L.FamilleSolanaceaeStatut BiogéographiquePlante introduite cultivéeOrigine géographiqueAsie du Sud-estDistribution géographiqueRégions tropicales et tempéréesNoms Kanak--Autres noms communsEggplant (anglais)Bringelle
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Description
Type de planteHerbacéeFeuillagePersistantType de légumeLégume-fruitCouleur du légumeVioletDurée de vieAnnuelleHauteur à maturitéEntre 50 cm à 2 mLargeur à maturitéEntre 50 cm et 2 mSystème racinaireDéveloppé
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Conduite culturale
MultiplicationSemisOù planter ?Pleine terreType de solSableuxSol drainantTous typesLimoneuxHumifèreDensité2 plants/m2Productivité30 à 40 t/haPollinisationAutopollinisationPar les insectesCroissanceRapideEntretien / SoinsModéréExposition au soleilSoleilBesoin en eauRésistance à la sécheresse
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Santé
Résistance aux ravageursRésistance aux maladiesPrincipaux ravageursThripsPyrale de l'auberginePrincipales maladiesFlétrissement bactérien (Ralstonia solanacearum)Alternariose (Alternaria solani)
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Usage & vertus
AlimentationCuisinéVertusRiche en fibresRiche en antioxydantsAutre usageMédecine naturelle
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Saisonnalité
SemisFloraisonRécolte
Généralités et origine
L’aubergine (Solanum melongena L.) est une plante légumière de la famille des Solanacées. Le terme « aubergine » désigne à la fois la plante et son fruit comestible, consommé comme un légume. C’est une plante herbacée cultivée comme annuelle.
Aujourd’hui, l’aubergine est cultivée dans le monde entier, principalement en Asie et dans le bassin méditerranéen. En 2024, la production mondiale s'est élevée à environ 57,5 millions de tonnes, dont plus de 60 % étaient produits en Chine.
En Nouvelle-Calédonie, l’aubergine est peu importée. Entre 2010 et 2025, la production locale a atteint en moyenne 160,6 tonnes par an. Elle ne couvre toutefois qu'une partie de la consommation, avec un taux d'autosuffisance estimé à 38 % en 2021.
L'origine de l'aubergine fait encore l'objet de débats scientifiques. Les formes sauvages apparentées seraient originaires d'Afrique de l'Est et du Moyen-Orient, tandis que la domestication de l'espèce cultivée serait intervenue il y a environ 3 000 ans en Asie du Sud-Est, probablement dans la région correspondant à l'actuelle Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie. Les premières variétés cultivées se sont ensuite diffusées vers l'Inde puis la Chine.
À partir du Xe siècle, les Arabes introduisent l'aubergine dans le bassin méditerranéen, notamment en Andalousie. Le légume se diffuse progressivement dans le reste de l'Europe à partir du XVe siècle, avant même l'arrivée des autres Solanacées originaires d'Amérique, comme la tomate, la pomme de terre ou le poivron. Au fil des siècles, les sélectionneurs ont progressivement transformé les petits fruits des formes anciennes pour obtenir les nombreuses variétés cultivées aujourd'hui.
Étymologiquement, le mot « aubergine » provient du catalan alberginia, lui-même issu de l'arabe, du persan puis du sanskrit, témoignant de la longue histoire de diffusion de cette plante entre l'Asie, le Moyen-Orient et l'Europe.
Sources : Daunay & Chadha (2004), Birlouez (2023), FAOSTAT (2024), Ratiarson (2021), Davar 2026
L'aubergine est l'un des principaux légumes-fruits cultivés en Nouvelle-Calédonie. Pour découvrir d'autres espèces adaptées aux conditions locales, consultez également les fiches suivantes :
👉 tomate ; poivron ; courgette ; haricot vert ; laitue ; concombre
👉 igname ; taro d'eau ; patate douce ; chou kanak ; manioc
Usages et vertus
Qualités nutritionnelles
L’aubergine est un légume riche en eau et peu calorique (environ 18 à 25 kcal pour 100 g, USDA). Elle apporte des fibres favorables au transit, intestinal ainsi que des vitamines (notamment du groupe B), des minéraux et des composés bioactifs.
Valeur nutritive de l'aubergine pour 100 g de portion comestible crue (Source : USDA et Meenakshi & Prashant, 2021) :
| Énergie | 18 à 25 kcal |
| Eau | 93.1 g |
| Protéines | 0,85 g |
| Lipides | 0,12 g |
| Glucides | 2,35 g |
| Carbohydrates | 5,4 g |
| Fibres | 2,4 g |
| Cendres | 0,52 g |
| Calcium | 11 mg |
| Magnésium | 13,5 mg |
| Fer | < 0,25 mg |
| Potassium | 222 mg |
| Phosphore | 23 mg |
| Sodium | 0 mg |
| Zinc | 0,12 mg |
| Cuivre | 0,061 mg |
| Manganèse | 0,106 mg |
| Vitamine C | 0,8 mg |
| Vitamines B | 18—22 mg |
Usages culinaires
L’aubergine se consomme principalement à l’état immature, lorsque le fruit est bien coloré, brillant et que les graines sont encore tendres. À maturité, la chair devient plus fibreuse et amère.
La chair, à texture fine et au goût proche de celui du champignon, se prête à de nombreuses préparations :
- grillée, frite, rôtie ou cuite à la vapeur
- mijotée avec des légumes, de la viande ou du poisson
- cuisinée en purée (appelé aussi caviar d'aubergine), en sauce ou en gratin
- consommée crue (notamment en Asie, avec certaines variétés)
- transformée en pickles (vinaigre) ou en confiture
- conservée par séchage, surgélation ou mise en conserve
👉 Astuce : saler les tranches et les laisser dégorger permet de réduire l’amertume et la teneur en eau. Attention, la chair absorbe facilement les matières grasses, ce qui augmente la valeur énergétique selon le mode de cuisson.
Usages médicinaux traditionnels et substances naturelles
Dans plusieurs médecines traditionnelles d'Asie, d'Afrique et du bassin méditerranéen, les fruits, les feuilles ou les racines de l'aubergine sont utilisés sous forme de décoctions, de poudres ou de cataplasmes pour traiter différents troubles digestifs, respiratoires ou cutanés.
L'aubergine renferme plusieurs composés bioactifs, notamment des glycoalcaloïdes (solasonine et solamargine), des saponines et des composés phénoliques. Les glycoalcaloïdes participent au goût légèrement amer de certains fruits et contribuent aux mécanismes naturels de défense de la plante contre certains ravageurs et agents pathogènes.
Les pigments violets de l'aubergine (anthocyanes et flavonoïdes) possèdent des propriétés antioxydantes qui contribuent à protéger les cellules contre le stress oxydatif.
Sources : Daunay & Chadha (2004) ; Meenakshi & Prashant (2021).
Description de la plante
Allure générale
- plante herbacée cultivée comme annuelle ;
- hauteur : 1,5 à 2 m ;
- port dressé et ramifié, avec généralement 8 à 10 branches principales ;
- selon les variétés, les tiges et les feuilles peuvent porter de petites épines ;
- tiges et feuilles généralement recouvertes de fins poils étoilés, donnant à la plante un aspect légèrement velouté.
Feuilles
- feuilles alternes (insérées une à une le long de la tige), simples et sans stipules ;
- limbe ovale à oblong, de 3 à 25 cm de long, avec une base arrondie ou en forme de cœur, une surface souvent velue ;
- pétiole (partie reliant la feuille à la tige) de 6 à 10 cm.
Fleurs
- solitaires ou regroupées en petits bouquets de 1 à 5 fleurs ;
- généralement bisexuées (elles portent à la fois les organes mâles et femelles) ;
- couleur violette, plus rarement blanche ;
- corolle en forme de cloche, composée de 5 à 8 lobes ;
- étamines jaunes soudées en un cône caractéristique entourant le pistil ;
- la formation des fruits dépend d'une bonne pollinisation et de conditions climatiques favorables.
Fruits
- baie charnue de forme très variable selon les variétés : ronde, ovale, allongée ou serpentine ;
- longueur : 2 à 30 cm ;
- couleur : blanche, verte, violette, pourpre, presque noire ou zébrée ;
- peau lisse, généralement brillante ;
- à maturité commerciale, les fruits sont récoltés avant le durcissement des graines ;
- à maturité complète, les fruits deviennent jaunâtres à bruns, les graines durcissent et la chair devient plus fibreuse.
Graines
- nombreuses, aplaties, de couleur brun clair ;
- taille : environ 3 à 4 mm ;
- germination épigée : les cotylédons (les deux premières feuilles issues de la graine) émergent au-dessus de la surface du sol.
Racine
- racine pivotante ;
- système racinaire bien développé et ramifié, favorisant l'absorption de l'eau et des éléments nutritifs.
Sources : Daunay & Chadha (2004).
Cycle de vie et saisonnalité
En Nouvelle-Calédonie, la principale période de production de l’aubergine se situe durant la saison fraîche et sèche, entre juillet et décembre.
Pour les cultures de plein champ, il est recommandé d’éviter les plantations pendant la saison des pluies (janvier à mars), en raison des risques accrus de maladies et des difficultés de conduite. En culture sous abri, l’aubergine peut être cultivée toute l’année.
Cycle de culture
- levée : 8 à 12 jours
- repiquage en godets : stade 2-3 feuilles vraies, soit 2 à 3 semaines après le semis
- élevage en pépinière : environ 1,5 mois
- plantation : 1,5 à 2 mois après le semis
- croissance en pleine terre: environ 2 mois
- début de la récolte : 2 à 3 mois après la plantation
Calendrier de culture en Nouvelle-Calédonie
- préparation du sol : janvier à juillet
- semis : mars à août
- plantation : avril à septembre
- floraison : juin à novembre
- récolte des fruits : juin à janvier
- récolte des graines : juin à février
Sources : Daunay & Chadha (2004), projet Integre (2018) ; Ratiarson (2021).
Production continue
Pour assurer une production continue, il est recommandé d’échelonner les semis :
- semer une nouvelle série de plants tous les 4 à 5 mois ;
- démarrer une nouvelle série avant la fin de production de la précédente ;
- ajuster le rythme en fonction des conditions climatiques et des débouchés.
Par exemple,
Série 1
- début mars : semis
- mi-avril : plantation
- juin : début des récoltes
Série 2
- début août : semis
- mi-septembre : plantation
- décembre : début des récoltes
Et ainsi de suite.
Sources : projet Integre (2018)
Production locale
Entre 2010 et 2025, la production marchande d'aubergine s'est élevée en moyenne à 160,6 tonnes par an. Les volumes commercialisés ont fortement fluctué au cours de cette période, sous l'effet des conditions climatiques, des pressions sanitaires et des évolutions du marché.
L'aubergine est très peu importée et les prix demeurent relativement élevés tout au long de l'année. Malgré cela, les besoins du marché restent loin d'être couverts, avec un taux de couverture estimé à 38 % en 2021.
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Les volumes commercialisés ont été particulièrement élevés entre 2016 et 2020, oscillant entre 145 et 197 tonnes par an. La production a ensuite atteint un niveau record de 337 tonnes en 2023.
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Depuis ce pic, la production marchande est en recul. Les volumes commercialisés sont retombés à 108 tonnes en 2025.
Le graphique ci-dessous présentent l'évolution de la production marchande d'aubergine en Nouvelle-Calédonie entre 2010 et 2025 (source : DAVAR, 2026).
Variétés et cultivars
Les cultivars d’aubergine (Solanum melongena) présentent une grande diversité de formes, de tailles et de couleurs.
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Les variétés anciennes sont généralement petites, rondes et de couleur blanche ou vert-brun, à l’origine de l’appellation anglaise eggplant (« plante œuf ») :
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Les variétés plus récentes, issues de programmes de sélection, sont plus grosses, de forme ovale à allongée et de couleur violette.
Quelles variétés choisir ?
Les essais variétaux réalisés en Nouvelle-Calédonie entre 2017 et 2020 ont permis d'évaluer plusieurs variétés d'aubergine. Les rendements indiqués correspondent aux meilleurs résultats obtenus dans les conditions des essais ; ils peuvent varier selon les pratiques culturales et les conditions climatiques.
| Variétés | Caractéristiques | Poids moyen du fruit | Rendement maximal observé (essais 2017-2020) | Atouts |
| Black Beauty | Fruit ovoïde à épiderme violet-noir brillant, chair légèrement verdâtre. | 500 à 600 g | 1,98 kg/plant | Variété ancienne et rustique. Bonne adaptation aux conditions locales. Bonne tolérance aux maladies. |
| Kalenda F1 | Fruit allongé à épiderme violet foncé brillant, chair légèrement verdâtre. | 300 à 450 g | 3,51 kg/plant | Très productive. Tolérante au flétrissement bactérien. Résistante à l'anthracnose ainsi qu'aux virus TMV et CMV. |
| Rania F1 | Fruit ovoïde à épiderme violet zébré de blanc. | 300 à 450 g | 2,55 kg/plant | Précoce et productive. Chair douce contenant peu de graines. Bonne résistance aux maladies. |
| Clara F1 | Fruit ovoïde blanc à chair blanche. | 250 à 400 g | 1,68 kg/plant | Chair peu amère. Bonne résistance aux maladies. |
| Orlando F1 | Fruit allongé violet-noir. | 150 à 250 g | 3,89 kg/plant | Très productive. Fruits de petit calibre adaptés aux récoltes régulières. |
Les rendements correspondent aux meilleurs résultats obtenus lors des essais variétaux réalisés en Nouvelle-Calédonie en 2017. Ils peuvent varier selon les conditions climatiques et les pratiques culturales.
Exigences environnementales
L’aubergine est une plante exigeante en chaleur, en lumière et en eau. Son développement et sa production dépendent fortement des conditions climatiques et du sol. Une bonne maîtrise de ces facteurs est essentielle pour obtenir des rendements réguliers, notamment en agriculture biologique (Cirad et al., 2023 ; Projet INTEGRE, 2018 ; Technopole, 2021).
Climat
- Plante de climats chauds, adaptée aux zones tropicales et subtropicales ;
- En Nouvelle-Calédonie, les meilleures performances sont généralement observées pendant la saison fraîche.
Températures
- Température optimale : 25 à 30 °C
- Ralentissement de la croissance : en dessous de 20 °C
- Arrêt de croissance : en dessous de 10 à 12 °C ; le gel est fatal aux plants
- Au-dessus de 40 °C : réduction de la nouaison
Lumière
- Exposition : plein soleil
- Une bonne luminosité favorise la floraison, la pollinisation et la coloration des fruits
- L’aubergine n’est pas sensible à la durée du jour
- Un excès d’ombre peut provoquer un allongement des plants et une baisse de rendement
Eau et humidité
- Besoins en eau réguliers et modérés tout au long du cycle
- Sensible aux excès d’eau et à l’asphyxie racinaire.
- Des apports irréguliers peuvent entraîner des troubles de croissance et favoriser certaines maladies
Sol
- profonds et bien drainés ;
- riches en matière organique ;
- plutôt limono-sableux
- se réchauffant vite
- à pH légèrement acide à neutre (5,5 à 7)
Les sols trop compacts ou mal drainés favorisent l’asphyxie racinaire et le développement de maladies.
Une bonne structure du sol est essentielle pour assurer un enracinement profond ainsi qu’une bonne disponibilité en eau et en éléments nutritifs.
Source : Daunay & Chadha (2004)
Rotation et association de cultures
L'aubergine peut être cultivée relativement fréquemment sur une même parcelle. Toutefois, afin de limiter l'accumulation des ravageurs, des maladies et l'épuisement du sol, il est recommandé de respecter une rotation de 3 à 4 ans avant de replanter des aubergines sur la même parcelle.
Précédents culturaux
- À privilégier : chou, laitue, , légumineuses, maïs, ail, poireau ;
- À éviter : autres Solanacées et plantes exigeantes en éléments nutritifs.
Associations culturales
- Bénéfiques : laitue, chou, piment, radis, navet, ail, oignon, poireau, persil ;
- À éviter : concombre, pous, fenouil.
👉 Alterner les familles botaniques d'une culture à l'autre permet de limiter naturellement le développement de nombreux ravageurs et maladies.
Sources : Projet INTEGRE (2018)
Multiplication par semis
L'aubergine se multiplie principalement par semis.
Production des semences
- récolter les fruits à pleine maturité, lorsque leur couleur vire au jaune ou au brun ;
- passer les fruits au mixeur pour récolter les graines
- puis les faire sécher 48 heures, ou davantage si les conditions sont humides ;
- éviter une exposition directe au soleil pendant le séchage ;
- conserver les graines dans un endroit sec, frais et à l’abri de la lumière (par exemple dans un sachet hermétique avec du gel de silice placé au réfrigérateur) ;
- poids de 1 000 graines : environ 4 g ;
- besoin en semences : environ 300 g/ha ;
- certaines variétés présentent une dormance des graines pendant quelques semaines ou quelques mois après la récolte. Pour favoriser la germination, il est recommandé de conserver les graines sèches au réfrigérateur pendant au moins 3 semaines avant le semis.
Semis en pépinière
- période favorable : mars à août ;
- contenants : godets ou plaques alvéolées ;
- substrat : 50 % sable de rivière et 50 % compost jeune (âgé de 3 à 4 mois) ;
- repiquage : au stade de 2 à 3 feuilles vraies (environ 3 semaines après le semis), lorsque les plants mesurent 8 à 10 cm;
- durée d'élevage en pépinière : environ 1,5 mois, jusqu'au stade de 5 à 7 feuilles.
Sources : Projet INTEGRE (2018) ; Daunay & Chadha (2004) ; Utard et al. (2023)
Conduite de culture
L'aubergine est une culture relativement facile à conduire.
Sa réussite repose sur une bonne préparation du sol, une alimentation régulière en eau et en éléments nutritifs, ainsi qu'une surveillance des ravageurs et des maladies. Les principales recommandations de conduite culturale sont présentées ci-dessous.
👉 Pour aller plus loin, consultez également la fiche : Réussir ses cultures maraîchères en agriculture biologique
Préparation du sol
L'aubergine nécessite un sol bien structuré pour favoriser l’enracinement :
- faux semis et désherbage préalable ;
- ameublissement du sol sur 30 à 40 cm de profondeur ;
- incorporer 4 à 5 tonnes de compost bien décomposé (3-4 mois) pour 1 000 m² avant la plantation.
- mise en forme des buttes ou planches surélevées de 25 à 30 cm et 1,2 m de large ;
- nivellement et affinage de la surface ;
- corriger l'acidité du sol si nécessaire afin de maintenir un pH proche de 6,5.
👉 Faux-semis : cette technique consiste à préparer le sol 2-3 semaines avant la plantation, puis à provoquer la levée des mauvaises herbes par un léger arrosage. Les jeunes adventices sont ensuite détruites avant la mise en culture, ce qui réduit fortement les besoins en désherbage.
Plantation
Elle peut se faire en plein champ ou sous abri :
- stade recommandé : 5 à 7 feuilles vraies (plants de 15 à 20 cm de hauteur)
- la motte doit être bien tenue par les racines ; éviter de casser lors du repiquage ;
- période optimale : mi-avril à fin septembre en plein champ, toute l'année sous abri ;
- planter en ligne ou en quinconce ;
- tremper les mottes 10 à 15 minutes avant la plantation ;
- placer la motte de manière à ce que le sol arrive juste sous le collet
- tasser légèrement le sol autour de la motte ;
- arroser les plants immédiatement au pied ;
Mode de culture
- plein champ sur planches ou buttes (méthode la plus courante et généralement la plus productive) ;
- sous abri (protection contre les fortes pluies, mais surveillance accrue de l'irrigation et des maladies) ;
Paillage
- installer un paillage organique (foin, herbe sèche...) afin de limiter les adventices, conserver l'humidité du sol et limiter les projections de terre sur les feuilles ;
👉 Pour plus d'information et conseils, consulter la fiche : Paillage : avantages et techniques
Espacements
La densité de plantation dépend de la vigueur des variétés, du mode de conduite et des objectifs de production. Les espacements suivants sont généralement recommandés :
- sur la ligne : 60 cm
- entre lignes : 80 cm
- densité : ≈ 20 000 plants/ha (2 plants/m²)
Entretien des cultures
Irrigation
Il est recommandé de :
- privilégier une irrigation au goutte-à-goutte ;
- arroser régulièrement afin de maintenir un sol frais, sans excès d'eau et éviter l'éclatement des fruits ;
- apporter l'eau directement au pied des plants et de préférence le matin ;
- après la plantation : arrosages légers et fréquents (chaque jour) ;
- après la floraison : espacer les arrosages, tous les 2 à 4 jours, selon les conditions locales ;
- éviter de mouiller le feuillage afin de limiter le développement des maladies ;
- éviter le stress hydrique et les variations brutales d'humidité du sol.
À titre indicatif, les besoins peuvent être couverts par environ une heure d'irrigation tous les deux jours avec des goutteurs espacés de 20 cm (débit : 1,6 L/h). Cette durée est à adapter selon le climat, le type de sol et le stade de développement des plantes.
Désherbage
L'aubergine est sensible à la concurrence des adventices, notamment en début de culture.
- intervenir régulièrement dès les premières semaines de culture, afin de limiter la concurrence des adventices (binage, sarclage, houe maraîchère) ;
- limiter la levée des adventices grâce à un paillage organique (foin, paille, tontes de gazon...) ou à une toile tissée.
Fertilisation
L’aubergine est une culture exigeante en éléments nutritifs, notamment en azote et en potassium. Une fertilisation équilibrée favorise une croissance régulière, la formation de fruits bien développées et une bonne qualité de récolte.
Il est recommandé de :
- incorporer avant la plantation un compost bien décomposé ou une autre matière organique stable ;
- réaliser les apports de phosphore et de potassium avant la plantation ;
- éviter les matières organiques fraîches et les apports importants de déjections animales juste avant la plantation ;
- fractionner les apports d'azote en cours de culture si nécessaire.
Les besoins nutritifs augmentent fortement au cours des dernières semaines précédant la récolte. Une alimentation régulière et équilibrée est donc préférable à des apports importants réalisés en une seule fois.
À titre indicatif, pour un objectif de rendement de 4 kg/m², les besoins en éléments minéraux sont les suivants :
| Éléments | Besoins indicatifs (en kg/ha) |
| Azote (N) | 170 |
| Phosphore (P) | 100 |
| Potassium (K) | 240 |
Ces valeurs sont données à titre indicatif et doivent être adaptées selon la fertilité du sol et les objectifs de rendement.
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🌱 Pour les jardins familiaux Un apport de compost bien mûr avant la plantation est généralement suffisant pour assurer une bonne croissance des aubergines. Si le développement des plantes ralentit ou que les feuilles les feuilles jaunissent ou présentent des symptômes de carence, un apport complémentaire d'engrais organique (hydrolysat de poisson, purin végétal, etc.) peut être réalisé en cours de culture. Évitez les excès d'azote, qui favorisent un développement important du feuillage au détriment de la production de fruits et augmentent la sensibilité à certaines maladies. |
Tuteurage et palissage
Plusieurs systèmes de palissage peuvent être utilisés :
- tuteur individuel : un tuteur est installé au pied de chaque plant.
- palissage vertical : enroulement des plants autour d’un fil suspendu (1,5 à 2 m) ;
- palissage horizontal : fils tendus le long des rangs sur 2 à 3 niveaux ;
Taille et effeuillage
La taille des plants d'aubergine n’est pas indispensable, mais elle peut améliorer la production (taille des fruits, précocité, aération des plants).
- supprimer les gourmands (tiges secondaires) situés à l'aisselle des feuilles ;
- conserver 2 à 4 tiges principales, selon la vigueur de la variété et les objectifs de production ;
- pincer l'extrémité des tiges pour favoriser la maturation des derniers fruits ;
- éliminer les feuilles abîmées, malades, au contact du sol ou ombrageant excessivement les fruits ;
- réaliser les opérations de taille par temps sec afin de limiter les risques de contamination ;
- supprimer les tiges débordant dans les allées afin de faciliter les travaux culturaux.
⚠️ Après rabattage, la production s'arrête pendant un mois. Il est conseillé d'alterner les interventions entre planches pour maintenir une production continue
Gestion des plaies de taille
- intervenir de préférence le matin, par temps sec et ensoleillé ;
- en conditions humides, protéger les plaies si nécessaire avec des produits autorisés en agriculture biologique (préparations à base de Bacillus subtilis, cuivre ou certaines huiles végétales).
Sources : Projet INTEGRE (2018) ; Daunay & Chadha (2004) ; Ratiarson (2021)
Récolte
L'aubergine se récolte lorsque les fruits ont atteint leur taille et leur couleur caractéristiques, avant leur complète maturité. À ce stade, la chair est ferme, les graines sont encore tendres et les qualités gustatives sont optimales.
Période de récolte
- de juin à janvier en Nouvelle-Calédonie ;
- récolte manuelle, 2 à 3 fois par semaine ;
- intervenir avant la maturité complète, lorsque les fruits ont atteint leur calibre commercial ;
- récolter régulièrement afin de maintenir la production, de limiter l'épuisement des plants et d'obtenir des fruits de meilleure qualité ;
- privilégier une récolte tôt le matin pour améliorer la conservation des fruits.
Indicateurs de maturité
- fruit ferme et brillant ;
- peau lisse, sans taches ni blessures ;
- couleur caractéristique de la variété ;
- taille conforme au calibre recherché.
Conseils pratiques
- utiliser un sécateur ou des ciseaux bien aiguisés ;
- couper proprement le pédoncule sans abîmer le plant ;
- manipuler les fruits avec précaution afin d'éviter les chocs et les meurtrissures ;
- éviter que les fruits ne restent en contact avec le sol afin de limiter les risques de maladies.
Des récoltes régulières stimulent la formation de nouveaux fruits et prolongent la durée de production des plants.
Sources : Daunay & Chadha (2004) ;
Conservation
Les aubergines sont sensibles à la déshydratation après la récolte. Elles perdent rapidement leur brillance, leur fermeté et leur qualité visuelle si elles sont exposées à la chaleur ou au soleil.
- transporter rapidement les fruits vers un endroit frais et ombragé ;
- éviter toute exposition au soleil après la récolte ;
- manipuler les fruits avec précaution afin de limiter les chocs et les meurtrissures.
- Durée de conservation : quelques jours à température ambiante et jusqu'à 10 jours en chambre froide, dans de bonnes conditions de conservation.
- conserver les fruits entre 10 et 12 °C, avec une humidité relative élevée (90 à 95 %) ;
- éviter les températures inférieures à 10 °C, qui provoquent des dégâts liés au froid (brunissement, dépression de la peau, altération de la chair).
Principales maladies et moyens de lutte agroécologiques
L’aubergine est relativement bien adaptée au climat de la Nouvelle-Calédonie. Elle peut néanmoins être affectée par certaines maladies, notamment :
- flétrissement bactérien (Ralstonia spp.)
- cercosporiose (Paracercospora egenula)
- pourriture à sclérotes (Athelia rolfsii)
- alternariose (Alternaria solani)
Le flétrissement bactérien est la maladie la plus grave, pouvant entraîner la mort rapide des plants.
Mesures prophylactiques et moyens de lutte
- respecter une rotation de 3 à 4 ans sans solanacées (tomate, poivron…)
- choisir des variétés tolérantes ou des porte-greffes résistants
- utiliser des semences saines
- favoriser l'aération des plants par une taille adaptée ;
- détruire les résidus de culture
- arracher et éliminer les plants atteints (avec les racines)
- désinfecter régulièrement les outils et limiter la dissémination de terre contaminée par les chaussures, outils ou matériels agricoles.
Traitements autorisés en agriculture biologique
- En prévention : produits à base de cuivre ; huile de neem (selon la réglementation en vigueur).
- En cas d'alternariose : préparations à base de Bacillus subtilis.
Principaux ravageurs et moyens de lutte agroécologiques
L'aubergine peut être attaquée par certains ravageurs, principalement :
- Thrips (Thrips palmi, Thrips tabaci)
- Pyrale de l’aubergine (Sceliodes cordalis)
- Altise de l'aubergine (Psylliodes brettinghami)
- Chrysomèle (Candezea semiviolacea)
- Foreur de l'aubergine (Leucinodes cordalis)
- Nématodes à galles (Meloidogyne spp.)
Mesures prophylactiques et moyens de lutte
Thrips
- favoriser les auxiliaires naturels (punaises, acariens, thrips prédateurs)
- utiliser des pièges englués (bleus ou jaunes) pour surveiller les populations
- réaliser des bassinages ponctuels du feuillage
- en cas de forte attaque : traitements à base de Beauveria bassiana
Pyrale de l’aubergine
- détruire les fruits attaqués
- protéger les fruits sains avec des sacs adaptés
- surveiller les populations (papillons, chenilles)
- installer des pièges à phéromones ou des pièges collants
- en cas de forte attaque : traitements à base de Bacillus thuringiensis
Mesures générales
- favoriser les auxiliaires naturels en conservant des haies, bandes fleuries ou zones refuges ;
- inspecter régulièrement les cultures afin de détecter précocement les premiers foyers ;
- intervenir rapidement sur les premiers plants ou fruits atteints ;
- en dernier recours, utiliser uniquement des produits autorisés en agriculture biologique (huile de neem, huile d'orange douce, spinosad...) en privilégiant des traitements ciblés afin de préserver les insectes auxiliaires.
Sont impliqués dans la réalisation de cette fiche
Cette fiche a été réalisée grâce au soutien financier de l'Agence rurale dans le cadre de son appui au développement de la filière « Plantes comestibles, fruits et légumes de diversification ».
L'Agence rurale et l'Institut agronomique néo-calédonien (IAC) ont signé en 2026 une convention de partenariat pour la réalisation et l'intégration de 25 nouvelles fiches techniques variétales dans Agripédia (fruits, légumes, plantes médicinales, plantes aromatiques, plantes à boisson).
L'objectif de ce partenariat est de contribuer à l'amélioration de la couverture alimentaire de la Nouvelle-Calédonie en favorisant la diffusion de connaissances sur des productions locales adaptées aux conditions pédoclimatiques du territoire, présentant des qualités nutritionnelles et environnementales remarquables.
L'équipe d'Agripédia et l'IAC remercient chaleureusement l'Agence rurale pour son précieux soutien !
Sources
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- FAOSTAT, 2024. Production mondiale d’aubergine (Solanum melongena). Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Consulté le 14 avril 2026.
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- Birlouez, É., 2023. Petite et grande histoire des légumes. Versailles : Éditions Quae, 168 p.
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- Cirad et al., 2023. L’aubergine. In: Mémento de l’agronome. Quae, p. 1029–1030.
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Auteurs
Rédigée le 27 avril 2026
Rédaction de la fiche
- Estelle Bonnet-Vidal (Lincks)
Relectures, expertise et amendements
- Olivier Ratiarson (Province sud)
Bonnet-Vidal, E., Ratairson O. (2026). Aubergine (Solanum melongena L.). Agripedia.nc, Institut agronomique néo-calédonien (IAC), avec le soutien financier de l'Agence rurale. Disponible sur : https://www.agripedia.nc [En ligne, consulté le jour/mois/année].
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